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Récemment, Lisa Marie Wilson a matché avec un homme sur une application de rencontre. Ce dernier prétendait mesurer 1,78 m et vivre au bord de la mer. Arrivée à leur premier rendez-vous, la jeune femme a constaté qu'ils avaient la même taille. Spoiler alerte: elle ne mesure pas 1,78 m. Après avoir subi un véritable questionnaire «d'investigation», Lisa Marie a préféré ne pas donner suite à cette rencontre. Comme souvent, elle a été déçue par un profil en ligne qui répondait pourtant à ses critères.
Une nouvelle enquête publiée par le Kinsey Institute en septembre a montré qu'en 2026, 34% des célibataires américains s'étaient constitué une liste de critères pour trouver le partenaire idéal, contre 25% en 2021. Une autre étude affirme que l'appartenance politique d'un potentiel partenaire peut être considérée comme un critère rédhibitoire. Alors que l'intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée pour converser sur les applications de rencontre, une question se pose: est-il devenu plus difficile de trouver l'amour?
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Les experts s'accordent sur un point: les rencontres amoureuses ont changé. Depuis le début des années 2010, les sites de rencontre sont devenus le moyen le plus populaire de rencontrer son futur amoureux. En parallèle, le quotidien semble s'être tendu avec des journées de travail à rallonge, une augmentation des incivilités et une situation géopolitique particulièrement préoccupante. Somme toute un contexte qui ne favorise en rien le flirt.
Si les applications de rencontre permettent de mettre en relation des personnes qui ne se seraient probablement jamais croisées, elles n'encouragent pas forcément le développement de relations qui se construisent lentement. Or, historiquement, les humains ont eu tendance à s'attirer les uns les autres en prenant leur temps.
L'impact des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux ont à leur tour compliqué le jeu de la séduction. Désormais, lorsqu'un rendez-vous se passe mal, les anecdotes catastrophiques sont relayées en ligne. Les internautes s'empressent de généraliser ces situations, renforçant certains stéréotypes sexistes comme «tous les hommes sont toxiques» et «toutes les femmes sont superficielles».
Autrefois, les gens partageaient leurs frustrations amoureuses dans le cercle privé. Aujourd'hui, les réseaux sociaux jouent en partie ce rôle: sur TikTok et Reddit, chacun peut partager ses expériences, et les commentaires regorgent d'histoires similaires. Mais, contrairement à l'espace privé, ces plaintes se propagent sans contexte, sans questions complémentaires ni nuances, relate le média Vox.
Des histoires retravaillées pour plus de vues
En parallèle, les algorithmes privilégient certains contenus et les créateurs peuvent être tentés d'adapter leurs histoires pour susciter davantage d'engagement. Les vidéos TikTok condamnent les dates autour d'un café (considérés comme un véritable «manque d'effort») et les discussions Reddit reprennent des propos misogynes. Ce qui finit par impacter notre perception des rencontres amoureuses.
«Les gens sont doués pour trouver une excuse afin de rejeter la difficulté des relations amoureuses sur autrui», souligne le chercheur américain Asa Seresin, qui a conceptualisé le terme d'hétérofatalisme –soit l'ensemble des discours tenus par des personnes hétérosexuelles soutenant que leur orientation sexuelle est vouée à être dysfonctionnelle et douloureuse.
Selon le spécialiste, la culture des rencontres amoureuses n'a cessé de se dégrader. En cause notamment: les théories masculinistes qui essaiment sur les réseaux sociaux. Celles-ci ont insufflé à une génération de jeunes hommes des concepts rétrogrades, comme celui qu'une femme doit obéir à son mari.
Les expériences décourageantes vécues sur les applications de rencontre –ghosting, mensonges, rendez-vous ratés– ajoutent une nouvelle couche de désillusion. De nombreux célibataires persistent toutefois à rencontrer des nouvelles personnes, mais avec un certain sentiment de méfiance. Nouer des liens authentiques devient dès lors d'autant plus compliqué.
Et les choses ne vont pas en s'arrangeant. En février, une étude a révélé que plus de la moitié des personnes célibataires âgées de 22 à 35 ans interrogées estiment que leurs ruptures passées les rendent plus réticentes à s'engager dans de nouvelles histoires.
Mais pour retrouver la sensation de papillons dans le ventre, il faut savoir mettre temporairement de côté son instinct de protection et accepter que l'autre est aussi un être humain imparfait, avec ses propres peurs et ses souffrances, rappelle le magazine américain. Même si, avec les réseaux sociaux et des applications de rencontre, trouver la perle rare peut s'apparenter à un véritable parcours du combattant.





























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