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Après avoir traversé des années plus difficiles sur le plan financier, l'Agora des Arts est sur la bonne voie vers un certain retour à l'équilibre. Il reste toutefois des défis à relever.
En mai 2025, l'Agora des Arts tirait la sonnette d'alarme. Deux ans après avoir investi 14 millions de dollars provenant de différentes sources de financement dans ses rénovations, le manque à gagner cumulé risquait de s'élever à un demi-million de dollars, selon le directeur général intérimaire à l'époque, Jean-Guy Côté.
L'explosion des coûts reliés aux rénovations, comme les assurances ou les coûts d'opération du bâtiment, étaient mis en cause. Un an et demi plus tard, le directeur général actuel, Maxime Dupuis, est en mesure d'affirmer que de 60 à 70 % du déficit cumulé à son arrivée en poste a été résorbé grâce à différentes initiatives.
On va dans la bonne direction. Ça avance très bien le plan de redressement. On a des résultats tangibles. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites par Jean-Guy Côté, directeur général par intérim avant mon arrivée. Lui, l'équipe et le conseil d'administration avaient déjà commencé à mettre en place des mesures qui ont porté fruit. Depuis que je suis en poste aussi, on a fait d'autres mesures et on essaie beaucoup d'augmenter nos revenus autonomes, souligne-t-il.

La terrasse de l'Agora des Arts accueillait cet été La buvette au pied du clocher, des événements sociaux et musicaux qui lui ont permis de faire un profit. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Perron
Il cite parmi les initiatives La buvette au pied du clocher, des événements qui se déroulaient sur la terrasse de l'Agora durant la saison estivale. Chaque jeudi, un 5 à 7 permettait aux gens de venir prendre un verre et décompresser, alors que les vendredis étaient réservés au collectif de DJs Bon Quartier, qui proposait des soirées dansantes.
La buvette a plein de retombées positives. On a des revenus de bar, les gens viennent ici pour faire la fête, c'est intéressant pour nous parce qu'on peut dégager des profits de ça. Ensuite, ça fait qu'il y a plein de gens qui ne sont pas nécessairement rejoints par nos activités principales qui entrent dans l'Agora pour la première fois, qui voient que c'est un lieu que tout le monde peut s'approprier et qui reviennent à tous nos événements, explique Maxime Dupuis.
Des solutions concrètes

La salle de spectacles peut accueillir plus de 200 personnes. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Un changement d'assureurs, de plus en plus de locations corporatives et la location de bureaux administratifs non occupés font aussi partie des solutions. D'ailleurs on est bien fiers, on a accueilli l'été passé Minwashin, qui occupe tout un étage de nos bureaux administratifs. Ça, c'est super intéressant parce que ça fait un autre organisme culturel à but non lucratif qui est avec nous. Ça fait qu'on se parle, qu'on échange des idées, et c'est super intéressant de ce côté-là, fait valoir Maxime Dupuis.

Une soirée bénéfice pour l'Agora des Arts a été organisée le vendredi 16 octobre.
Photo : Gracieuseté de l'Agora des Arts
Mariages, activités de reconnaissance et congrès peuvent aussi être organisés à l'Agora des Arts, un autre moyen d'augmenter les revenus indépendants et d'ainsi assurer la vocation de l'endroit, qui est d'offrir un lieu de diffusion aux arts de la scène, mais aussi un lieu de création pour les artistes avec son volet de résidences de création.
Tout n'est pas gagné
Même si l'organisme est sur la bonne voie, le directeur général rappelle que tout n'est pas gagné pour assurer l'avenir de l'organisme, qui estime avoir fait tout ce qui est en son pouvoir pour redresser sa situation financière. Maxime Dupuis salue d'ailleurs la résilience et le dévouement de la petite équipe de quatre personnes et du conseil d'administration.
Je ne veux pas non plus commencer à critiquer des organismes comme le CALQ, qui ont répondu présent depuis le début du redressement financier. Par contre, on croit qu'on n'a pas tout à fait le financement public à la mesure de la mission de l'Agora. L'Agora a une mission, c'est vrai, mais on a aussi des infrastructures à maintenir et ce n'est pas toujours facile côté budgétaire. Nous, on pense qu'on a un lieu unique, il y a très peu de lieux comme ça au Québec, en région. On pense que les gens de la région aussi ont droit d'avoir accès à un théâtre de création, fait-il valoir.
La culture, on la paie tous un peu au niveau national en tant que payeur de taxes et d'impôts. On finance cette culture-là, mais cette culture-là ne se rend pas nécessairement en région s'il n'y pas des organismes comme l'Agora des Arts. Cet accès à la culture-là, c'est une juste part qu'on mérite, qu'on a le droit d'avoir et on n'a pas à s'excuser de demander des fonds pour que toute la communauté puisse en profiter.
L'Agora des Arts a aussi mis sur pied une soirée bénéfice annuelle, dont la première édition a eu lieu le 16 octobre. Après un 5 à 7 avec cocktails et bouchées sous l'animation musicale de Suzanne Blais et Wang Xiaoqing, une grande rencontre avec la comédienne Guylaine Tremblay avait lieu, animée par Isabelle Rivest.
Isabelle a mené ça d'une main de maître, une entrevue informée, sensible, elle a bien fait ça, et en plus on a eu la chance d'avoir deux monologues interprétés par Guylaine, qui s'est prêtée au jeu. Elle a arraché une larme à tout le monde dans la pièce, témoigne le directeur général.

Isabelle Rivest a animé cette grande rencontre avec la comédienne Guylaine Tremblay.
Photo : Gracieuseté de l'Agora des Arts
Près d'une centaine de personnes ont assisté à la soirée bénéfice, un résultat un peu en dessous des objectifs. Par contre, on voit ça à long terme, il y a quand même une espèce de culture de la soirée bénéfice à intégrer. Là c'était l'année un. On pense que ceux qui étaient là vont sortir de là avec un beau sentiment, un beau souvenir, on pense que ça va faire des petits et qu'il va y avoir plus de monde l'année prochaine, conclut Maxime Dupuis.


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