«Le peuple te vomit». Le tag salit les habits blancs de Giorgia Meloni, le visage détendu et le regard tendu vers l’horizon, sur l’affiche invitant les habitants de Bari à célébrer avec elle, vendredi, «quatre années d’engagement pour la Nation». Avec 1413 jours au pouvoir, son gouvernement vient d’enregistrer le record de longévité détenu jusqu’alors par Silvio Berlusconi. Ce même jour, un sondage YouTrend indique que 53% des Italiens pensent que son exécutif «se dirige dans la mauvaise direction» et que 59% des sondés ont un avis négatif d’elle. Et pourtant, son parti Fratelli d’Italia caracole toujours au sommet des intentions de vote, s’attirant encore les faveurs de 26 à 30% des électeurs, soit plus du résultat l’ayant propulsé au pouvoir en 2022.
Cette longévité tient d’abord à la solidité de sa coalition. Lors des élections législatives il y a quatre ans, les partis qui la composent avaient remporté quelque 44% des voix, dont 26% pour le parti de la future première ministre, soit autant que les votes recueillis par la gauche. Depuis, malgré quelques luttes internes entre partenaires, aucune défection n’a fragilisé le gouvernement. S’élevant au-dessus de la mêlée, Giorgia Meloni a, comme Silvio Berlusconi avant elle, personnalisé le pouvoir, en profitant d’un outil supplémentaire: les réseaux sociaux. En s’adressant directement aux électeurs, elle s’est émancipée du filtre médiatique et entretient un lien étroit avec sa base. «Ce qui a payé, c’est ce talent politique: l’empathie avec son électorat», confirme la journaliste politique Alessandra Sardoni.


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