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A Tirana, Milan, Rome ou encore Athènes, des manifestations parfois violentes ont eu lieu récemment. Parmi les griefs : le coût de la vie et le manque de budget pour l'éducation.
Sur le même thèmeEducationManifestationsManifestations lycéennesPar Léa Giandomenico Publié le 21 oct. 2026 à 22h09
L’Italie, l’Albanie ou encore la Grèce sont secouées par un début de contestation, depuis quelques jours, lié au coût de la vie, des carburants et du logement, mais aussi à l’éducation. Certains manifestants rêvant de faire « comme en France ».
Turin, Rome… des cortèges en Italie, l’armée déployée à Milan
Vendredi 16 octobre dernier, plusieurs milliers d’étudiants et lycéens ont manifesté globalement dans le calme à Rome, Milan, Florence, Bologne ou Gênes.
Ils se sont mobilisés à l’appel de différents collectifs, pour la paix et contre le gouvernement de Giorgia Meloni, qui veut notamment augmenter le budget de la Défense et a plafonné le nombre d’élèves étrangers par classe.
À Rome, quelques échauffourées ont eu lieu lors de la manifestation rassemblant « plusieurs milliers d’étudiants » entre le Colisée et le ministère de l’Éducation, a indiqué la préfecture de la capitale italienne.
Quelques milliers de lycéens et étudiants ont aussi manifesté à Turin, accompagnés de professeurs demandant notamment des hausses de salaires et des recrutements. Une dizaine de lycées sont déjà occupés à Turin, avec des appels à faire « comme en France », selon la presse locale. « Le monde est à nous », clamait (en français) une pancarte.
À Milan, les manifestations ont tourné aux émeutes parfois violentes entre forces de l’ordre et manifestants. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi 20 octobre le déploiement de 500 soldats jusqu’à la fin de l’année en soutien à la police après les affrontements survenus ce week-end dans la métropole lombarde.
La Grèce embraye le pas des lycéens français
Plus de 10 000 étudiants, élèves, enseignants et fonctionnaires ont manifesté ce mercredi 21 octobre 2026 à Athènes et dans plusieurs villes de Grèce, selon la police et des médias, pour protester contre le coût élevé de la vie, pointant la similarité avec la situation en France.
« Le niveau de l’éducation est très bas, les écoles manquent de personnel et les bâtiments scolaires sont vétustes », a déploré Maria, une employée quinquagénaire d’une mairie près d’Athènes, rencontrée par l’AFP dans le cortège qui s’est dirigé vers la place Syntagma, en face du Parlement, à Athènes.
Selon l’union des professeurs du secondaire, il y a un manque de 15 000 enseignants dans les écoles à travers le pays.
En Grèce comme en France, nous réclamons une éducation publique et gratuite.
À Athènes, un lycéen s’est réjoui « des manifestations en France ». « Cela nous aide pour qu’il y ait des changements ici », a-t-il ajouté. « Grèce et France, partout la révolte, mêmes problèmes, même ennemi », « De la Grèce à la France, nous nous battons pour une éducation publique et gratuite », affirmaient des banderoles déployées à Thessalonique.
Révolution des « flamants roses » en Albanie
Après plusieurs mois de manifestations, essentiellement non violentes, contre un projet de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump, Tirana est secouée depuis mardi dernier par les violences qui ont émaillé les protestations des étudiants. Ce que les Albanais ont appelé la révolution des « flamants roses » (en raison de la zone protégée sur la côte adriatique, dans laquelle devait s’implanter ce complexe) s’est mué en grogne étudiante et générale.
La capitale de ce pays des Balkans est le théâtre d’émeutes depuis une semaine, avec des affrontements quotidiens entre les forces de l’ordre et des groupes de manifestants, souvent encagoulés. Ces derniers sont descendus dans la rue pour dénoncer de mauvaises conditions d’études, la corruption, mais aussi pour exiger la démission du socialiste Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.
Ces derniers jours, des manifestants ont incendié ou gravement endommagé des bâtiments de plusieurs ministères, de tribunaux, de banques, ainsi que des commerces. Environ 300 personnes ont été blessées, dont près des deux tiers étaient des policiers, avait indiqué lundi le ministère de l’Intérieur.
Marche de solidarité
Les étudiants ont été rejoints mardi en fin de matinée par des professeurs d’université, appelés par leur syndicat à participer à une « marche de solidarité » pour dénoncer « la violence policière » contre les manifestants. Plusieurs centaines de professeurs ont signé une pétition appelant à « la fin des violences contre les étudiants ».
Cette violence est « orchestrée par des mains entraînées à cet effet et alimentée de l’extérieur, par des acteurs étrangers – une réalité […] qui devient un sujet majeur dans toute l’Europe », a dit Edi Rama, selon un communiqué de son cabinet envoyé à l’AFP.
Il a annoncé plusieurs mesures face aux manifestants violents mineurs, notamment l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale, actuellement fixée à 18 ans, et l’interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans.
Source AFP
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