Une chose est sûre: Clara Egger ne sera pas présidente de la République française. Cela ne l’a pas empêchée, en mai dernier, d’annoncer sa candidature à l’élection, parmi les 29 aspirants déclarés. Avant de sourire ou de tourner la page dans un haussement d’épaules, attendez un peu: le vrai combat de Clara Egger et du mouvement Solution démocratique qui la soutient, ce n’est pas d’être élue mais de promouvoir le droit d’initiative populaire – en France, on dit RIC constituant. C’est l’unique point de son programme: introduire un peu de démocratie directe pour régénérer la politique française. Et dans un pays où tout le monde parle de référendum sans y croire, Clara Egger, elle, y croit.
A la mi-août, une dépêche de l’Agence France-Presse affirmait que «le référendum […] a le vent en poupe à l’approche de l’élection présidentielle». Pensez donc, les candidats se pressent: Gabriel Attal veut un référendum sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, Marine Le Pen sur l’immigration, Bruno Retailleau sur la sécurité, Edouard Philippe sur la règle d’or budgétaire… Mais que valent ces promesses? Pas grand-chose. Depuis plus de vingt ans, le référendum fait peur en France: on le promet quand on est sûr de le gagner, et quand on ne l’est plus, on l’oublie. C’est un outil de plébiscite, pas un moyen donné au peuple d’exprimer son avis.


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