Le Temps: Comment comprenez-vous cette décision des Vaudois?
Christelle Luisier: Nous avons suivi le processus démocratique avec une large participation populaire. Désormais, nous nous projetons sur la suite. Dès demain, il faudra proposer des mesures au Conseil d'État pour le budget 2027 afin de gérer les 272 millions d'impact au 1er janvier. Le cap reste le même: rassurer la population et trouver un chemin d'équilibre entre la maîtrise des finances publiques et l'impact sur les prestations.
Quelle est votre crédibilité aujourd'hui?
Nous avons adopté, avec le Parlement, 345 millions de baisses fiscales, ce qui est plus que les 250 milions proposés par l'alliance de droite en campagne. Voilà pour ce qui est de notre crédibilité. Le rôle d'un parti et celui d'un gouvernement sont très différents, notre base l'a bien compris.
Faudra-t-il faire des coupes budgétaires?
Malgré de bonnes recettes, nous avons un déficit structurel d'environ 400 millions, sans compter l'initiative. C'est pourquoi nous avons déjà pérennisé 260 millions d'économies et limité la hausse des charges. Nos réserves étant déjà engagées, nous devrons trouver des voies entre recettes et charges et nous n'aurons plus les moyens d'éviter des réflexions sur des économies.
Quelles seront les conséquences concrètes sur les projets du gouvernement et sur les communes?
Cette décision rend caduques certaines réformes prévues, comme la mise en œuvre du bouclier fiscal, et nous contraint à revoir nos priorités. Même si l’initiative cible les finances cantonales, nous devrons veiller à maintenir des relations équilibrées avec les communes sans report massif de charges, tout en assurant la viabilité des services publics.
Les Vaudois descendus dans la rue en novembre dernier et ceux qui votent cette initiative sont-ils irréconciliables?
45% des votants ont dit non, car ils refusent le démantèlement des prestations. Nous respectons le vote populaire, mais la responsabilité de l'autorité est de concilier ces éléments: garder le cap financier malgré les baisses fiscales et préserver au mieux les prestations à la population.
Êtes-vous encore les bons ministres pour appliquer cette baisse d'impôt?
Les citoyens trancheront aux prochaines élections. Rappelons toutefois les engagements tenus: nous avons mis en oeuvre 345 millions de baisses fiscales sur les personnes physiques ces dernières années, ce qui est quand même l'équivalent de neuf points d'impôt. Sur le terrain, je reçois beaucoup de soutien et je ressens une vraie dynamique de confiance pour la suite.


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