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Les projections climatiques ne sont pas optimistes pour l'avenir des Jeux olympiques d'hiver. L'organisme américain Climate Central a étudié l'évolution du climat dans les villes d'accueil des JO et la hausse des températures est vertigineuse.
Les deux villes qui accueillent l'événement en 2026, Milan et Cortina d'Ampezzo, sont touchées de plein fouet par le réchauffement climatique. Rappelons que Cortina, située au nord de l'Italie, a déjà accueilli les Jeux d'hiver en 1956, et en 70 ans, la météo a été complètement chamboulée.
De 1956 à 2026, le climat de Cortina a gagné 6,4 °C, contre un réchauffement moyen dans le monde de 1,3 à 1,5 °C (selon les différents organismes scientifiques). De nos jours, il neige en moyenne 41 jours de moins par an qu'en 1956. La station a aussi perdu 15 centimètres de neige en moyenne, lors du mois de février, depuis 1956. À Milan, qui accueille des épreuves en intérieur (le hockey sur glace et le patinage artistique), le climat s'est réchauffé de 3,2 °C en 70 ans.
Toutes les villes qui ont accueilli les Jeux olympiques d'hiver se sont réchauffées de manière significative : en moyenne 2,7 °C, selon Climate Central.
L'évolution des températures de 1956 à 2025 en février dans la ville de Cortina en Italie, pour les Jeux olympiques. © Climate Central
Les Jeux d’hiver continueront, mais sous une forme différente
Les Jeux olympiques d’hiver pourront-ils toujours avoir lieu dans le futur ? Oui, mais le choix des villes d'accueil sera très restreint : sur les 93 sites actuels envisageables, il n'en restera que 52 d'ici 2050, selon Climate Central. L'évolution des températures et de l'enneigement des autres villes rendra impossible le bon déroulement des Jeux.
Mais rappelons que les Jeux paralympiques d'hiver ont toujours lieu un mois après ; et en mars, le choix sera encore plus restreint à l'avenir. Seules 22 villes disposeront de conditions météo adéquates et d'un enneigement suffisant en 2050.
L'évolution des températures de 1976 à 2025 en mars dans la ville de Cortina en Italie, pour les Jeux paralympiques d'hiver. © Climate Central
Une étude de 2018 estimait que les villes françaises historiques ayant accueilli les JO d'hiver, comme Chamonix (1924) et Grenoble (1968), n'auront plus le climat suffisant pour les accueillir de nouveau d'ici 2080. Comme toujours, les organisateurs s'adaptent, et cela n'est en fait pas nouveau : à tel point que nous oublions que, lors des premiers JO d'hiver en 1924, les 16 épreuves se déroulaient en extérieur.
Une transition progressive vers des épreuves en intérieur a commencé à se faire dans les années 1980. De plus en plus de rencontres (surtout celles nécessitant de la glace épaisse et dure) ont migré vers des infrastructures couvertes : en 2022, quatre se sont déroulées en intérieur.
Lors des premiers Jeux olympiques d'hiver de 1924 à Chamonix, le patinage artistique se déroulait en extérieur, ce qui n'est plus le cas de nos jours. © Fonds Gay-Couttet, chamonix.com
En plus de la hausse des températures, la nature de la neige a changé : celle-ci est de moins en moins dure, et de plus en plus humide et collante, ce qui rend impossible, voire dangereux, le déroulement de certaines épreuves.
Les JO d'hiver ne disparaitront pas, mais ils vont continuer à se transformer : l'utilisation de la neige de culture et les infrastructures en intérieur rendront possibles le ski et les autres sports d'hiver dans l'avenir. Cela se fera au prix de coûts faramineux, à la fois économiques, mais aussi probablement écologiques.


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