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Le 2 juillet 2026, la commission d’enquête relative à la création du Campus IA de Fouju a rendu un rapport favorable au projet et à la délivrance du permis de construire du site.
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Par Maxime Berthelot Publié le 27 juil. 2026 à 6h00
C’est une douche froide pour les opposants au projet. Le 2 juillet 2026, le rapport de la commission d’enquête consécutif à l’enquête publique sur le projet de Campus IA à Fouju (Seine-et-Marne) a été rendu. Il valide le projet sans émettre de réserve ou de recommandation. « La commission d’enquête émet un avis favorable à la délivrance du permis de construire », indique le rapport.
Une décision qui surprend les opposants au dossier, notamment au vu des plus de 1 200 contributions déposées lors de l’enquête publique, qui s’est tenue du 30 avril au 30 mai 2026.
« La grande majorité était opposée au projet, rappelle Pauline Isambert, élue de la Confédération paysanne, syndicat membre du collectif Stop Campus IA, qui regroupe également France nature environnement 77, les Soulèvements de la terre, la Ligue de protection des oiseaux 77 et les Écologistes de Melun Val de Seine. Durant l’enquête publique, la Mission régionale d’autorité environnementale (Mrae, ndlr) a également émis plusieurs recommandations qui n’ont pas été prises en compte par la commission d’enquête. Depuis le début, on sent bien que tout est fait pour que ce méga datacenter voie le jour. La preuve, l’État a voté récemment une loi qui permet de simplifier et d’accélérer les démarches administratives relatives aux datacenters… »
Le Campus IA de Fouju, bientôt « projet d’intérêt national majeur » ?
Entrée en vigueur le 26 mai 2026, la loi de Simplification de la vie économique prévoit en effet « qu’un centre de données qui revêt – eu égard à son objet et à son envergure, notamment en termes d’investissement, de puissance installée ou de soutien à l’émergence d’écosystèmes domestiques compétitifs – une importance particulière pour la transition numérique, la transition écologique ou la souveraineté nationale, peut être qualifié par décret de Projet d’intérêt national majeur (PINM) ».
Une qualification qui permettra aux porteurs de projet « d’accélérer certaines procédures (compatibilité des documents d’urbanisme, raccordement au réseau électrique, reconnaissance de raisons impératives d’intérêt public majeur) », indique le site de l’État Vie publique.fr
« Ce qui nous scandalise, c’est que l’État s’apprête à approuver un projet qui va aggraver les émissions de chaleur, avec notamment une hausse de 2°C estimée dans un rayon de 10 km autour des datacenters, insiste Pauline Isambert. À l’heure où les canicules s’intensifient et se multiplient, c’est complètement inconscient ! »
Présenté comme l’un des plus grand d’Europe, le data center de Fouju représente un investissement de 50 milliards d’euros, porté par la Banque publique d’investissement ; le fonds d’investissement des Émirats arabes unis MGX ; la société française Mistral AI ; l’Américain NVIDIA et Réseau transport électricité (RTE).
Spécialisé dans l’intelligence artificielle, il doit s’étaler sur environ 90 hectares, soit 130 terrains de football, dont 73 ha urbanisés, situés à proximité des 1 000 détenus de la future prison de Crisenoy. Il sera composé d’un centre de formation, d’un bâtiment technique, de 11 bâtiments de centres de données d’une hauteur de 20 mètres et de 613 groupes électrogènes de secours pour assurer la continuité d’alimentation en cas de défaillance électrique.
« On envisage un recours administratif »
Les opposants au projet dénoncent également « 30 000 tonnes de carburants stockés pour les générateurs de secours », une consommation électrique « supérieure à la production d’une centrale nucléaire », mais aussi « 15 tonnes de polluants éternels (Pfas) » qui s’échapperaient du site chaque année.
Dans son rapport publié le 8 avril, l’Autorité environnementale réclamait notamment « un bilan des émissions de gaz à effet de serre consolidé sur l’ensemble du projet, incluant le raccordement électrique et les déplacements routiers ».
Elle recommandait aussi « de produire une évaluation des risques sanitaires dus aux fuites de fluides frigorigènes à l’échelle du projet et de l’ensemble des centres de données de l’agglomération utilisant des Pfas pouvant se dégrader en TFA comme fluide frigorigène ».
« On envisage un recours administratif contre le projet, annonce Pauline Isambert. Le combat continue puisque le projet prévoit trois phases d’ici à 2038. »
Les élus du groupe de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne à la Région demandent de leur côté au préfet de Seine-et-Marne « de ne pas suivre l’avis favorable de la commission d’enquête publique » et souhaitent que le Haut conseil pour le climat, l’Inspection générale de l’Environnement et du Développement durable, ainsi que le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d’Île-de-France, « puissent émettre un avis sur le projet avant toute décision ».
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