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Graver des noms de femmes scientifiques sur la tour Eiffel est cette initiative qui vise à inscrire durablement leurs contributions dans la mémoire collective et à mettre fin à une injustice qui dure depuis presque 150 ans.
En février 1889, Gustave Eiffel annonce vouloir célébrer « les plus grands savants qui ont honoré la France » en rendant leurs noms visibles sur la Tour Eiffel. Parmi les scientifiques choisis, on retrouve plusieurs figures majeures des mathématiques et de la physique, comme Ampère ou Chasles, des chimistes comme Gay-Lussac ou Chaptal, des ingénieurs, des astronomes, des géographes, mais... aucune femme. C'est « l'effet Matilda », la tendance historique à minimiser ou à effacer la contribution des chercheuses.
Rendre justice aux femmes de science
Pourtant, plusieurs décennies avant la construction de la tour Eiffel, la mathématicienne Sophie Germain avait reçu le prix de l'Académie des sciences pour son mémoire sur la théorie des surfaces élastiques, tandis que les travaux de certaines chercheuses, comme la naturaliste Jeanne Villepreux-Power, bénéficiaient d'une véritable reconnaissance.
En 2025, pour rendre justice aux femmes de sciences, la mairie de Paris a mis sur pied une commission d'experts dirigée par Isabelle Vauglin, astrophysicienne et vice-présidente de l'association Femmes & Sciences, et Jean-François Martins, président de la Société d'exploitation de la Tour Eiffel, qui a recueilli des centaines de propositions. La liste finale a été remise à Anne Hidalgo le 26 janvier 2026.
« L'effet Matilda » est le nom donné au phénomène d'invisibilisation des femmes scientifiques. © France Culture, YouTubeDes femmes de sciences de premier plan
Parmi les 72 noms choisis, qui balayent 300 ans de recherche scientifique au féminin, il y a plusieurs figures incontournables comme Sophie Germain, Marie Curie et sa fille Irène Joliot-Curie.
Il y a aussi beaucoup de savantes moins connues, comme l'exploratrice et botaniste Jeanne Baret, l'obstétricienne Angélique du Coudray, la physicienne Eugénie Cotton, la chimiste Jacqueline Ficcini, la géologue Henriette Delamarre, ou l'informaticienne Alice Recoque.
Ce projet, qui a été imaginé au départ par Benjamin Rigaud, président de l'association Défi-Sorbonne, va offrir de nouveaux modèles aux jeunes générations, en montrant que l'histoire des sciences françaises ne s'est pas écrite uniquement au masculin.


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