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Ces chercheurs ont créé un nuage dans une boîte ! Mais pourquoi faire ?

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Aux Etats-Unis, une équipe de climatologues a récemment conçu une chambre à convection donnant la possibilité de générer des nuages. Testé avec succès, le dispositif d’un mètre cube de volume devrait permettre de étudier les composantes des nuages et plus largement, de mieux comprendre les phénomènes météorologiques, entre autres.

Étudier les processus microphysiques se déroulant dans les nuages

Depuis longtemps, les nuages demeurent l’une des plus grandes sources d’incertitude dans les modèles météorologiques et au niveau du système atmosphérique complexe de notre planète. Leur étude est donc cruciale pour l’amélioration des prévisions météo, la poursuite de la compréhension du climat mais également, pour une meilleure gestion des risques de sécheresse ou d’inondation ainsi que de la ressource eau elle-même, puisque les nuages sont responsables de la distribution de l’eau douce.

Dans un communiqué publié le 17 février 2026 s’accompagnant d’une vidéo (voir en fin d’article), des climatologues ont affirmé avoir mis au point une chambre à convection. Il s’agit d’une boîte métallique d’un mètre cube permettant la création de nuages. Selon les chercheurs du Laboratoire national de Brookhaven (Etats-Unis), offre un environnement unique pour isoler et étudier rigoureusement des processus microphysiques se déroulant dans les nuages, des processus qui au passage, sont aussi importants que mal compris.

« Les scientifiques savent que les nuages ​​jouent un rôle important dans la régulation du bilan énergétique terrestre, en contrôlant le mouvement de l’eau dans l’atmosphère, en favorisant la formation des tempêtes et en influençant l’intensité des systèmes météorologiques. Cependant, la compréhension des mécanismes physiques sous-jacents aux processus nuageux reste limitée. », peut-on lire dans le communiqué.

Une technique fiable et non invasive

Afin d’obtenir leur premier nuage, les scientifiques ont associé plusieurs facteurs, à savoir un air saturé en eau et des particules d’aérosol. Ils ont donc rempli la base de la chambre avec de l’eau, avant de chauffer cette dernière et générer de la vapeur. Cette vapeur remonte ensuite pour se mélanger à l’air froid se trouvant plus haut, afin de générer une atmosphère complètement saturée d’humidité. Cette condition indispensable au processus porte un nom : la sursaturation, c’est à dire une humidité dans l’air dépassant les 100%. Viennent ensuite des particules d’aérosol – comme du sel – que les chercheurs ont ajouté pour servir de « germes » à la formation des nuages.

schéma chambre convection nuageCrédit : Laboratoire national de Brookhaven

Selon les responsables, l’une des principales caractéristiques de la chambre de convection est d’être capable de maintenir un nuage turbulent dans un état stable et ce, durant plusieurs heures. L’objectif est ici d’améliorer la robustesse statistique en procédant à des mesures répétées du nuage. Néanmoins, il ne s’agit pas là d’une simple performance technique puisque les chercheurs ont réellement mis au point la chambre pour recueillir des données fiables sur la formation des nuages et notamment comprendre pourquoi certains génèrent de la pluie et d’autres non, ou pourquoi se forme la bruine (petite pluie très fine).

Enfin, il faut savoir que l’innovation dont il est ici question intègre aussi le développement d’une technique d’imagerie non intrusive. En effet, les climatologues désirent à terme effectuer leurs mesures de la transition des aérosols aux gouttelettes nuages, puis à la bruine et la pluie sans introduire des instruments comportant des risques de perturbation des flux d’air. Une piste est actuellement explorée : la lumière. En attendant, la chambre de convection permet déjà de se passer de l’utilisation d’avions pour traverser les nuages et récolter des données, alors que ces formations évoluent généralement très vite.

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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