L’UE a validé un nouveau cadre pour accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière, incluant la création possible de centres de retour en dehors de ses frontières. Si plusieurs pays y sont favorables, la France exprime des réserves sur ce dispositif jugé sensible et incertain.
L’Europe durcit sa politique migratoire. Les 27 États membres et le Parlement européen se sont accordés sur un nouveau règlement visant à faciliter les expulsions de ressortissants étrangers en situation irrégulière, avec notamment la possibilité de centres de retour situés hors de l’Union européenne. Mais la France, elle, avance toujours avec prudence.
L'exécutif en plein doute
Si officiellement Paris applaudit le durcissement européen, l’outil le plus controversé du texte, les centres de retour, gêne l’exécutif. Le texte bruxellois ouvre en effet la voie à des centres de retour dans des pays tiers, des plateformes hors de l’Union européenne où pourraient être envoyées des personnes qui n’ont plus le droit de rester sur le territoire européen et qui font l’objet d’une décision définitive de retour.
Plusieurs pays, dont l’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas, souhaitent pouvoir recourir à ce type de dispositif. La France, elle, reste prudente. Emmanuel Macron avait lui-même exprimé son scepticisme sur cette solution.
Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe, assure qu’il ne faut rien s’interdire pour faire respecter les frontières, mais rappelle toutefois les doutes sur le coût et l’efficacité de ces dispositifs.
La France, en retard
En attendant, le pacte européen sur la migration et l’asile doit devenir pleinement applicable la semaine prochaine, le 12 juin prochain. Or, la France n’a toujours pas achevé l’adaptation de son droit aux nouvelles règles européennes.
Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, certaines procédures de filtrage et d’asile aux frontières pourraient s’en trouver fragilisées, avec à la clé un risque accru de tensions.


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