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Le rapport réclame son départ, Jean-Noël Barrot préfère manifestement prolonger la période d’observation.
Une trentaine de jeunes femmes reçues à la résidence
Entre janvier 2024 et mars 2026, Bruno Foucher aurait fait entrer une trentaine de jeunes femmes dans la résidence officielle de France à Bangui. Les agents chargés de sa protection ont fini par signaler une faille de sécurité.
D’après le rapport d’inspection consulté par Le Canard enchaîné, la résidence enregistrait jusqu’à une quinzaine de visites mensuelles. L’ambassadeur aurait même demandé qu’une jeune femme puisse y séjourner pendant son absence. Entendu à deux reprises, il a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux visiteuses.
On ignorait que la « présence française » en Afrique se mesurait désormais au registre des entrées de la résidence. Après le recul diplomatique et militaire de Paris dans la région, Bruno Foucher semblait avoir choisi une méthode très personnelle pour conserver des relations bilatérales.
Un risque sérieux dans une Centrafrique sous surveillance russe
Le problème dépasse la vie privée d’un diplomate. La résidence française est un site sensible. Les personnes qui y entrent, les habitudes de l’ambassadeur et ses périodes d’absence constituent autant d’informations exploitables par un service étranger.
Or la Russie occupe une place majeure en Centrafrique. Des hommes liés à Wagner assurent notamment la protection du président Faustin-Archange Touadéra. Dans ce décor, recevoir régulièrement des personnes extérieures sans précautions suffisantes ressemble moins à une fantaisie mondaine qu’à un cadeau emballé pour le renseignement adverse.
L’inspection menée en avril aurait conclu que le comportement de Bruno Foucher menaçait la sécurité de l’ambassade ainsi que les intérêts français. Elle aurait donc demandé son départ.
Jean-Noël Barrot dispose du rapport depuis le 22 mai
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, aurait reçu les conclusions de l’inspection le 22 mai. Le Quai d’Orsay a depuis confirmé qu’une procédure disciplinaire était engagée : « Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’ambassadeur. Cette procédure est en cours. »
Aucune sanction définitive n’a cependant été annoncée. Les possibilités vont du blâme à la radiation de la fonction publique, avec la mise à la retraite d’office entre les deux. Pour l’instant, la fermeté macroniste s’exerce donc sous sa forme favorite : une procédure, un communiqué et beaucoup d’attente.
En mars, lors de sa visite à Bangui, Jean-Noël Barrot célébrait pourtant « la restauration complète des relations » entre la France et la Centrafrique. À défaut d’avoir restauré l’autorité du ministère, il pourra toujours compter sur Bruno Foucher : question relations, l’ambassadeur paraît avoir largement dépassé les objectifs.


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