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Il y a 66 millions d'années, un astéroïde de plus de 10 kilomètres de diamètre s'abattait sur l'actuelle péninsule du Yucatán, au Mexique, mettant brutalement fin au règne des dinosaures. L'impact fut si puissant que les régions voisines furent dévastées par l'onde de choc, le souffle thermique et un gigantesque tsunami.
L’astéroïde qui a tué les dinosaures a créé un tsunami géant avec des vagues de 1,5 km de hauteur
L’astéroïde qui a, en partie, mis fin au règne sur Terre des dinosaures a aussi été à l’origine d’un gigantesque tsunami. Les simulations montrent qu’il y a 66 millions d’années, des vagues incroyablement hautes ont déferlé sur la plupart des côtes de notre monde. Des enregistrements géologiques le confirment.... Lire la suite
Mais au-delà de ces effets immédiats, c'est la Terre entière qui allait basculer dans une crise sans précédent : les débris projetés dans l'atmosphère retombèrent en libérant une chaleur intense, tandis que les poussières contribuèrent à piéger cette énergie et à déclencher des incendies à l'échelle planétaire.
La chute d'un astéroïde il y a 66 millions d'années a précipité l'extinction des dinosaures non aviens. © Lassedesignen, Adobe Stock
Une pluie de roches brûlantes
Une nouvelle étude révèle en effet les détails de ce scénario catastrophe. Jusqu'à présent, les études de terrain et les simulations numériques de l'impact du Chicxulub indiquaient qu'une immense quantité de roches vaporisées et de débris avaient été projetés dans l'atmosphère. Une partie de cette matière se serait alors condensée en minuscules « gouttes », appelées sphérules, qui sont ensuite retombées en pluie sur la surface terrestre.
Des scientifiques ont mesuré la température atteinte dans le cratère du Chicxulub
Grâce à des analyses sur les roches du cratère du Chicxulub, des chercheurs ont pu déterminer l’échauffement qu’ont subi les minéraux lors de l’impact d’astéroïde qui aurait participé à la disparition des dinosaures. Les résultats pourraient avoir des implications sur le rôle joué par cet impact sur le climat.... Lire la suite
En traversant l'atmosphère à très grande vitesse, ces sphérules se seraient échauffées, générant un intense rayonnement thermique. Cette pluie de roches brûlantes aurait surchauffé les surfaces continentales, tuant tous les animaux dépourvus d'abris, notamment les grands dinosaures. Toutefois, les précédentes études sur le sujet n'arrivaient pas à déterminer si ce phénomène avait été assez intense pour embraser instantanément les forêts du monde entier.
Une couverture thermique provoquant un embrasement spontané
De nouveaux résultats laissent penser que cela pourrait pourtant bien avoir été le cas. Une équipe de chercheurs s'est intéressée à une fine couche de poussières retrouvée dans les strates datant de 66 millions d'années, en Amérique du Nord. L'analyse de cette poussière extrêmement fine montre qu'elle pourrait provenir des roches vaporisées au moment de l'impact et représenter la part qui ne se serait pas condensée sous forme de sphérules. Or, cette poussière aurait pu jouer un rôle majeur dans l'enchaînement des événements.
En combinant données géologiques et simulations de l'impact, les chercheurs révèlent en effet que cette poussière en suspension dans l'atmosphère aurait agi comme une couverture thermique. La chaleur reçue par le sol aurait ainsi été 3,5 fois plus intense que ne le supposaient les précédentes études ne prenant en compte que les effets des sphérules. Cette intensité aurait été suffisante pour provoquer non seulement la mort de très nombreux animaux, mais aussi pour embraser spontanément la végétation.
La poussière dans l'atmosphère aurait fait augmenter la chaleur au sol à tel point que des incendies spontanés se seraient déclenchés partout sur le globe. © Elena, Adobe Stock
Le feu, puis le froid
Dans les heures qui ont suivi l'impact, la Terre aurait ainsi pu se transformer en un gigantesque brasier, dévastant les écosystèmes terrestres. Mais le scénario n'est pas terminé. Un autre phénomène, plus sournois, aurait ensuite pris le relais. Une fois les incendies éteints, les poussières en suspension auraient joué un autre rôle : en bloquant une partie du rayonnement solaire, elles auraient alors plongé la Terre dans un hiver d'impact, provoquant un assombrissement et une chute des températures de surface pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies !
Après avoir fait face à une chaleur extrême et au feu, les animaux survivants auraient donc dû s'adapter à un refroidissement notable du climat. Seules les espèces les plus opportunistes et les plus adaptables ont ainsi pu survivre à ce scénario infernal. C'est le cas, notamment, des mammifères.
L'étude, publiée dans la revue Journal of Geophysical Research: Biogeosciences, suggère que les incendies mondiaux auraient donc joué un rôle plus important qu'on ne le pensait jusqu'à présent. Une hypothèse qui reste à étayer avec des preuves géologiques provenant d'autres régions du Globe. Quoi qu'il en soit, l'impact de Chicxulub offre un aperçu exceptionnel de la manière dont un événement brutal peut entraîner des réactions en chaîne bouleversant profondément l'ensemble des écosystèmes terrestres.


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