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Cauchemar dans le pays de Manuelo Malfini

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« La démocratie est une dictature contrôlée par quelques individus dont les électeurs sont les complices. » (Raymond Proulx).

Tel le pasteur Martin « Luther » King jadis, j’ai fait un rêve ; un songe au départ bien agréable puisqu’il se passait en Italie, dans des lieux enchanteurs : en Toscane d’abord, puis et sur la lagune de Venise, des endroits merveilleux que je connais bien. J’aime les belles cités toscanes : Florence, Pise, Voltera, Sienne, San Gimignano…et les îles vénitiennes : Murano, Burano, le Lido. Les paysages comme les monuments y sont exceptionnels. De surcroît, on y trouve encore, de temps en temps, quelques jolies femmes qui ressemblent à Laura Antonelli, Ornella Muti, Monica Bellucci et à d’autres canons de la beauté transalpine. Chez nous, la belle plante a quasiment disparu et elle est également en voie de disparition chez nos voisins italiens. Elle est remplacée un peu partout par le standard américano-mondialiste : vulgaire, obèse, mal habillé, tatoué. Jadis le mâle normal fantasmait sur la vision d’un porte-jarretelles ; maintenant on lui offre des gros cuissots peu appétissants sur lesquels le tatouage voisine avec les vergetures et les varices. La race mute, et pas forcément en bien ! Elle se laisse aller physiquement, mentalement et moralement, s’abandonne à la vulgarité et retourne au tribalisme à coups de piercings et de tatouages. L’homo mondialus s’apparente au porc. Il en a la goinfrerie et le mental. Sa femelle, elle, vire à la truie, c’est somme toute logique dans un monde qui veut à tout prix  l’égalité homme/femme. Autrefois on aimait les hommes forts et les femmes belles, maintenant on prône la lope « non genrée » ou l’inverti maquillé.

Veuillez excuser cette digression sur la femelle transalpine et revenons au récit de mon rêve.  Je roulais, détendu, heureux, serein, contemplatif au volant de mon fourgon. Les cuistres appellent ça un « Van » et mon demi-siècle de barouds et de découvertes nomades a été baptisé « Vanlife » (en français dans le texte). Notre époque ne sait plus dire les choses simplement ! Je roulais, disais-je, et je ne suis retrouvé à la frontière d’un pays que je ne connaissais pas ; c’est là que mon doux rêve a viré au cauchemar. Au poste frontière un grand panneau bleu bordé d’étoiles annonçait « Welcome to Euroland : Land of Macroni ». J’apprendrais plus tard que, dans ce pays latin, l’anglais est la langue des « élites ». En fait, la « Macroni » avait des racines latines et les noms se terminaient en « i », en « a » ou en « o » comme chez notre voisin italien. J’appris d’ailleurs assez rapidement quelques mots du vocabulaire courant : une pétasse prétentieuse, par exemple, se dit « Carlabruni » ; les nabots se disent « Ciotti »; une femme folledingue se dit « Sardinerousso » ; une femelle dépensière et arriviste se dit « Rachidadati »; les suppôts du régime s’appellent « Abruti » ; les gens sans foi ni loi s’appellent des « Sarkozi » ; bon, je ne vais pas vous faire un cours, ce n’est pas l’objet de cette libelle qui ne vise qu’à vous narrer un rêve qui a mal fini. Je vais dorénavant éviter les digressions qui pourraient, à la longue, perturber mes lecteurs.

À en croire les guides touristiques, la « Macroni » était un modèle de cosmopolitisme, de mélange de couleurs et de races qui cohabitaient dans un « vivre ensemble » parfait. En réalité, le pays était peuplé d’une multitude de familles qui se détestaient cordialement, comme les Médicis ou les Borgia. Son souverain avait adopté la devise « Divide ac regulae » (1). Ce monarque était un « caudillo »(2) nommé Manuelo Malfini. Au sein de son peuple – qu’il méprisait – certains l’avaient surnommé « Jupiter » ce qui démontre bien que le vulgum pecus est inculte et ne connait rien à la mythologie. En effet, Jupiter, le roi des dieux romains, copulait avec sa sœur, alors que Manuelo Malfini forniquait avec une vieille blondasse fripée qui avait l’âge d’être sa mère. Donc si l’on s’en tient aux affirmations de ce vieux vicelard de Sigmund Freud, il eut été plus logique de le surnommer « Œdipe ». Manuelo avait épousé une vieille gourgandine, Brigitta Décati, issue comme lui d’une famille de bourgeois de « Picardi », une riche province au nord du pays. Des parvenus qui avaient fait fortune dans la fève de cacao. Dans le pays, on racontait que Brigitta avait déniaisé Manuelo quand il avait 14 ans. Des médisants racontaient que Manuelo en était resté traumatisé et que depuis, il préférait les mâles de la famille des Inverti qui étaient omniprésents à la Cour.

On les reconnaissait à leur démarche chaloupée et à leur jaquette qu’ils portaient ample et flottante. Malfini, je l’ai dit, détestait son peuple qui lui rendait bien. Mais il avait aussi le soutien de quelques familles vivant dans les grandes villes, entre autres, la riche famille des  « Peignezizi », une  bourgeoisie qui brassait de l’air, des idées progressistes et un humanisme de gauche. Ces gens-là aimaient à s’écouter parler (pour ne rien dire) et ils travaillaient dans des métiers dans lesquels on ne transpire pas beaucoup : les arts, la « com », la « pub », le show-biz ou la fonction publique. Riches, ils aimaient se vêtir comme des gueux ; ils appelaient ça le « froissé chic ». Entre eux, ils parlaient en « langue de bois » entrecoupée d’anglicismes. Ils disaient aimer les pauvres, mais cependant, pas au point de vivre avec eux et encore moins comme eux.

À ce niveau de ma narration, il me faut citer d’autres familles qui peuplaient la « Macroni ».

Certaines étaient protégées, nourries, logées par le gouvernement de Manuelo Malfini, et il était formellement interdit de les critiquer, de dénoncer leurs trafics de substances hallucinogènes, voire de se défendre de leurs exactions, vols, viols, violence ou autres méfaits. La plus nombreuse était incontestablement celle des « Malblanchi ». Ces gens-là vivaient entre eux, d’expédients et de divers trafics auxquels venaient se greffer les aides gouvernementales payées par les impôts des familles « Asservi », car dans ce drôle de pays, contrairement à toute logique, on pressurait les classes laborieuses, basses ou moyennes, pour financer les gens qui ne faisaient rien. Quant aux très riches, elles étaient quasiment dispensés d’impôts comme la noblesse sous l’Ancien Régime.

Les « Malblanchi » ne respectaient  pas la loi, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool, voilaient leurs femmes, qu’ils appelaient « moukères » et portaient un vêtement appelé « djellaba ». On ne connaissait pas très précisément le nombre exact des « Malblanchi » car tous ne se déclaraient pas à l’état-civil, en revanche certains étaient déclarés deux, trois voire quatre fois aux Allocations Familiales. Ils avaient de vagues et lointains cousins, les « Noirdumali » : noirs et le poil crépu, ils avaient la démarche chaloupée  des  cercopithèques et  des cynocéphales. Ils étaient plutôt gentils et se livraient à des jeux de gamins sans la moindre méchanceté : il leur arrivait de démonter ou de badigeonner des statues et ils ne devenaient violents, teigneux, agressifs, que si on les empêchait de jouer à piller des commerces ou brûler des voitures.

Passons rapidement sur la famille des « Inverti » et de leurs cousines les « Gazonmodi », ces familles étaient très présentes dans les milieux du cinéma, du théâtre, de l’audiovisuel. Elles étaient protégées par le pouvoir. Alliée aux  « Malblanchi », il existait une famille de brutes épaisses, de forts en gueule et de haridelles mal baisées, les « Zinsoumi » ou « Eléfi ».

En résumé, le régime dictatorial de Manuelo Malfini était soutenu, littéralement porté, par les « Peignezizi »,  les « Abruti », les « Inverti » et les « Gazonmodi ». En théorie, il avait contre lui les « Malblanchi » et les « Zinsoumi », mais en fait il s’agissait d’une opposition de façade car ces familles savaient faire l’union sacrée contre les « Asservi » qui étaient attachés à leur pays, à leurs traditions et qui vivaient de plus en plus mal. Et c’est là que mon rêve est devenu un cauchemar : alors que je garais mon fourgon devant une taverne qui me semblait accueillante, j’ai été abordé par un olibrius noir de peau qui me proposait, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, une poudre blanche en sachet qui ressemblait fort à du sucre-glace. J’ai refusé son offre et il a alors poussé une sorte de cri de guerre terrifiant dont j’ignore la signification : « J’nique ta mère, eh, bouffon ! », puis il a sorti de sa poche un surin et m’a menacé avec. D’un tempérament plutôt peureux, j’ai ouvert la portière de mon fourgon brusquement pour me mettre à l’abri à l’intérieur. Mon agresseur a reçu la dite portière en pleine poire et s’est effondré en poussant des cris de bête blessée. Aussitôt, les pandores en escouade sont arrivés sur place. J’ai été plaqué au sol, bastonné, menotté et accusé de coups et blessures volontaires, de racisme et de xénophobie. La maréchaussée m’a annoncé que j’allais en prendre pour cinq ans car j’étais soupçonné de « fascisme » qui est le pire des délits en « Macroni ». Pourtant, croyant avoir tout compris  de ce pays  et, comme j’avais plutôt l’allure d’un « Asservo » (Cf : un Asserco, des Asservi), depuis mon arrivée, je rasais les murs et protégeais mes arrières, au propre comme au figuré.

Au commissariat, les argousins m’ont appris que la  « Macroni » avait adopté les idéaux maçonniques des Lumières et que la devise du pays était proche de la nôtre : « Diversité. Insécurité. Fiscalité ». La diversité provoquait l’insécurité d’où découlait la fiscalité, indispensable pour faire vivre toutes les familles de feignasses qui ne faisaient rien ou pas grand chose; CQFD !                                                                                                                                                      

Je me suis réveillé en sursaut, en nage et tremblant de peur. Et puis j’ai poussé un « ouf ! » de soulagement. J’étais en France, ce pays civilisé, sûr, bien géré, où tout va bien et qui s’autorise à donner des leçons de « démo-crassie » au monde entier.

Cédric de Valfrancisque 

1)- Ce qui veut dire « diviser pour régner ».

2)- Il semble que ce surnom soit la déformation de « godillot » car tel était son comportement devant les instances européennes.

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