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Les promesses fiscales n’auront pas tardé à s’inviter au cœur de la campagne électorale québécoise. Au deuxième jour, le chef conservateur Éric Duhaime a cherché à frapper un grand coup en dévoilant la promesse phare de son programme : une baisse d’impôt pouvant atteindre 8726 $ sur cinq ans pour chaque contribuable.
« Ceux et celles qui vont véritablement aider les plus démunis au Québec, c’est le Parti conservateur, et c’est avec notre promesse de baisse d’impôt », a clamé le chef conservateur vendredi matin, dans le quartier Val-Bélair, à Québec.
Pour financer cette mesure « historique », le chef conservateur retrancherait 47 milliards de dollars dans les dépenses de l’État, s’il prenait le pouvoir le 5 octobre. Ces compressions n’auraient d’ailleurs aucune incidence sur les services offerts à la population, soutient-il.
Une ambition rapidement contestée par les autres chefs, qui sillonnaient les quatre coins du Québec à bord de leurs caravanes. La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a accusé M. Duhaime de passer sous silence les répercussions qu’auraient ces coupes sur les services publics, notamment en santé.
« Une telle baisse d’impôt peut sembler intéressante à première vue, mais il faut regarder les conséquences. Je ne ferai pas la promotion de telles compressions dans les services offerts aux Québécois », a-t-elle tranché depuis Rimouski. La cheffe caquiste avait déjà déclaré qu’elle ne ferait pas de nouvelles baisses d’impôt en vue du scrutin.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a lui aussi remis en cause la promesse de son adversaire conservateur. « Le Parti conservateur du Québec a fait beaucoup de propositions au cours des dernières années, voire de la dernière décennie, et aucune ne s’est vraiment révélée réaliste », a-t-il fait valoir lors d’un point de presse à Sherbrooke.
Le Parti québécois (PQ) s’est lui aussi engagé vendredi à réduire les impôts pour les PME. Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, s’est engagé à réduire leur fardeau fiscal de 17 % sur quatre ans.
Pendant que ses rivaux croisaient le fer sur la fiscalité, Christine Fréchette s’est plutôt tournée vers les familles en promettant de moderniser le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), notamment par l’ajout de deux semaines supplémentaires de congé de paternité.
Québec solidaire s’est également invité dans le débat économique en promettant l’ouverture de 15 épiceries publiques afin de lutter contre le coût de la vie.
Fréchette se distancie de Northvolt
Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas non plus tardé à décocher une flèche à sa rivale Christine Fréchette en ravivant le dossier Northvolt. Pour financer sa promesse d’aide aux PME, la formation souverainiste abolirait le Fonds de développement économique (FDE), l’enveloppe dans laquelle la CAQ avait puisé pour investir dans le projet, aujourd’hui abandonné, de méga-usine de batteries.
Depuis les terrains de Saint-Basile-le-Grand, où devait être implantée l’usine, le chef péquiste est allé jusqu’à qualifier le dossier de « l’un des plus grands cas de dilapidation de fonds publics de notre histoire politique récente ».
Ces attaques ont décidément fait mouche, forçant la cheffe de la CAQ à défendre son bilan d’ancienne ministre de l’Économie sous François Legault. « Je suis celle qui a mis fin au financement de l’État à Northvolt. Comme on dit, j’ai tiré la plogue », s’est défendue Mme Fréchette, depuis Rimouski. « Mon approche en est une de réduction de l’interventionnisme de l’État auprès des entreprises », a-t-elle ajouté.
Une prise de distance qui a bien fait réagir le chef libéral, Charles Milliard. « Les bras m’en tombent. Il y a 72 heures, Mme Fréchette était à côté de M. Legault à L’Assomption et qualifiait le bilan de la CAQ d’incomparable. Et là, elle tente de se dissocier de l’un des plus grands fiascos de son propre gouvernement. Ma question est la suivante : quelle Christine Fréchette faut-il croire ? » a-t-il pesté devant les journalistes, lors d’un arrêt de la campagne à Magog.
Le PLQ passe à l’attaque
Christine Fréchette n’a pas été la seule cible de Charles Milliard. Le chef libéral s’en est aussi pris au candidat péquiste Nicolas Marceau, qui a occupé le poste de ministre des Finances sous le gouvernement de Pauline Marois, rappelant que ce dernier avait reconnu en 2013 avoir commis une erreur dans l’évaluation du déficit de la province.
Le chef du PQ a préféré ignorer ces attaques ciblant son candidat, affirmant ne pas vouloir participer à une campagne axée « sur des attaques ultrapartisanes ».
Un sondage qui rebrasse les cartes
La journée de vendredi a débuté par un coup de tonnerre avec la publication d’un sondage Synopsis-La Presse plaçant la CAQ à égalité statistique avec le PQ. Le parti de Paul St-Pierre Plamondon était pourtant seul au sommet dans les intentions de vote jusqu’à tout récemment.
La cheffe de la CAQ s’est réjouie de voir « une belle ouverture des Québécois, une effervescence » à l’égard de sa candidature. « Je suis une femme de la génération X et on a adopté une cadence franchement très rythmée », a-t-elle fait valoir en matinée. Sa formation aurait fait un bond de sept points de pourcentage, selon le sondage.
De son côté, le chef péquiste a affirmé qu’il attendrait d’autres coups de sonde avant de se prononcer sur l’état des lieux — et a souligné au passage qu’il connaissait très peu la firme Synopsis.
Bien que les chiffres s’avèrent particulièrement difficiles pour les troupes libérales, ils n’ont pas fait grand remous à bord de la caravane du parti. Le chef Charles Milliard, pour qui la campagne est encore jeune, n’entend pas changer de stratégie.
Le sondage de vendredi donne au PQ 28 % des intentions de vote, contre 27 % pour la CAQ et 20 % pour le PLQ, confirmant une lutte à trois serrée en vue du scrutin. Le Parti conservateur du Québec et Québec solidaire récoltent respectivement 14 % et 10 % des voix.


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