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Une semaine après avoir reporté sa décision dans la controverse, le conseil municipal de la Ville de Caraquet, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, a accepté d’accorder un permis provisoire nécessaire à l’ouverture d’un centre de réchauffement d’urgence pour sans-abri dans les locaux inoccupés de l’Aéroport de la Péninsule, dans le secteur de Village-Blanchard.
Ainsi, la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne, gestionnaire des installations aéroportuaires, pourra y installer d’ici le début de février un refuge de nuit par temps froid pouvant accueillir au maximum six personnes. Des services d’intervention et de sécurité adéquats seront offerts sur place.

Le conseil municipal de Caraquet en plein débat.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
En échange de leur approbation, les citoyens du secteur de Village Blanchard ont obtenu de la part de la Ville et de la Commission la promesse que cette permission n’est valide que pour cette année. Elle prendra fin au plus tard le 30 avril et ne sera pas renouvelable.
Une semaine riche en émotions
Mardi soir, les élus rassemblés en réunion extraordinaire ont voté à l’unanimité pour cette demande de permis provisoire.

Le maire de Caraquet, Bernard Thériault (au centre).
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
C’est une semaine riche en émotions, une semaine en montagnes russes , a déclaré le maire Bernard Thériault au terme de la réunion.
Les conseillers ont saisi la balle au bond. Ce n’est pas parce que nous n’étions pas tous d’accord qu’il n’y avait pas de volonté commune. On a cherché les convergences plutôt que les divergences. Et cette convergence est que ni les citoyens ni le conseil ne souhaitent que ça se répète l’année prochaine.
Il ajoute être fier de dire que Caraquet a réussi là où d’autres n’ont pas pu s’entendre. Il a même présenté des excuses au cas où ses propos de la semaine dernière sur le manque de compassion et de charité humaine avaient froissé des gens.

Les installations de l'Aéroport de la Péninsule, à Village Blanchard, au coeur de la Péninsule acadienne.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Le conseiller municipal représentant les citoyens de Village-Blanchard, Pierre Boudreau, s’est dit heureux d’assister à une fin positive de cette saga.
Les citoyens, une fois informés, ont pu exprimer leur opinion. Le conseil, une fois informé, a pu voter. On a trouvé une solution qui satisfait tout le monde. Ça ne veut pas dire que le travail est fini et j’espère que la prochaine fois, les gens seront mieux consultés et que la population sera plus au courant et sensibilisé, a-t-il exprimé, en ajoutant que l’expérience vécue avec les citoyens de Village-Blanchard servira d’exemple dans tout autre projet du genre.
Des citoyens mieux informés
Le dossier a suscité beaucoup d’émotions de la part des citoyens de Village-Blanchard et au sein du conseil municipal. Lors de la réunion du 12 janvier, plusieurs résidents du secteur se sont opposés à la demande de permis provisoire, ce qui a convaincu les élus à reporter leur décision.
S’en est suivi dans les jours qui ont suivi une petite querelle de mots entre le maire, les conseillers et certains résidents.

Georges Godin, un résident de Village Blanchard, a pris la parole avec beaucoup d'émotions.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Une réunion d’information avec divers intervenants bien au fait du dossier de l’itinérance, jeudi dernier, a permis d’éclaircir tout ça, reconnaît Georges Godin, un voisin de l’aéroport. Ces discussions ont convaincu la communauté de donner une chance au projet.
À la réunion du 12 janvier, on a dit Woah! On était en mode panique et on est monté aux barricades. Peu importe l’information, on n’entendait rien. Par la suite, on s’est mis en mode compréhension et de solution et on s’est mis d’accord avec le projet. Mais ça reste un plaster sur un gros problème, a-t-il affirmé mardi soir dans une intervention émotive.
On aurait pu prendre la rhétorique de qui va parler le plus fort et dire qu’on ne veut pas avoir d’itinérants dans notre cour, un point c’est tout , a-t-il précisé après la réunion. Ç’aurait été la solution facile de se débarrasser du problème et de ne pas vouloir les avoir chez nous. Mais si tout le monde fait ça, on ne règlera jamais rien. Ça va durer deux mois et demi. Ça ne sera pas là pour 20 ans.
Si le problème de l’itinérance serait aussi facile à régler que de construire une cabane à éperlans, il n’y en aurait pas de l’itinérance. C’est beaucoup plus complexe que ça , a-t-il ajouté.

Plusieurs citoyens du secteur de Village Blanchard, là où se trouve les installations de l'Aéroport de la Péninsule, ont assisté à la réunion extraordinaire du conseil municipal de Caraquet, mardi soir.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Cédric Landry, directeur du développement communautaire à la CSR de la Péninsule acadienne, s’est dit ravi et soulagé de la décision des élus. Il a salué le travail de nombreux organismes qui travaillent dans l’ombre depuis bientôt trois ans afin d'ouvrir dans la région un centre de réchauffement d’urgence pour sans-abris.
Notre souhait est d’être en chemin le plus rapidement possible. Le but, c’est le 1er février. C’est notre souhait. On essaie de mettre tous les efforts de notre côté pour réaliser ce tour de force , a-t-il commenté après la fin de la réunion.


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