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L’année 2026 marque le grand retour des ambitions spatiales habitées : mission française vers l’ISS, projet Artémis 2 autour de la Lune, promesses martiennes d’Elon Musk. S’agit-il d’un horizon vital pour l’humanité ou d’un luxe technologique aussi coûteux qu’incertain ?
Catherine Van Offelen est philosophe. Elle a publié Risquer la prudence chez Gallimard, en 2025.
2026, année cosmique. L’astronaute française Sophie Adenot s’envolait vers la Station spatiale internationale (ISS) le 13 février pour huit mois. Après de multiples reports, la mission Artémis 2 de la Nasa devrait décoller dans la soirée du 1er avril pour transporter des astronautes autour de la Lune, ce qui n’avait pas été accompli depuis 1972. Renouerait-on avec la grande fièvre de l’exploration spatiale des années 1970 ? Dans le sillage de la conquête, dans la fièvre des enthousiasmes, dans l’espoir des découvertes, surgit toujours une question qui fâche : est-il vraiment utile d’envoyer des humains dans l’espace ?
Le cosmonaute pourrait répondre à la manière de l’alpiniste britannique George Mallory, à qui on demandait dans l’avant-guerre pourquoi il voulait gravir l’Everest : « Parce qu’il est là. » L’aporie est habile, l’argument un peu court pour justifier les centaines…


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