Les disputes entre frères et sœurs alimentent un vaste marché du conseil parental, à la mesure, sans doute, du désir des familles de voir les fratries s’entendre. Parmi les nombreuses recommandations, on rencontre souvent l’idée qu’il faudrait laisser les enfants régler seuls leurs querelles, car ces dernières seraient surtout un moyen d’attirer l’attention des adultes. «Or il n’existe aucune preuve qui permette d’étayer cette hypothèse», souligne Laurie Kramer.
Professeure de psychologie appliquée à la Northeastern University de Boston aux Etats-Unis, elle s’intéresse aux compétences dont les enfants ont besoin pour résoudre leurs différends: comprendre le point de vue de l’autre, exprimer ses besoins, trouver une solution acceptable pour chacun. Or jusqu’à 8 ans, estime Laurie Kramer, un enfant ne maîtrise pas toutes ces capacités et aura probablement besoin de l’aide d’un adulte pour trouver des solutions à un conflit et éviter qu’il ne s’envenime. «Même un enfant qui possède ces ressources peut avoir besoin qu’on lui rappelle d’en faire usage au bon moment. A terme, ils deviendront de plus en plus capables de le faire, ce qui fera gagner beaucoup de temps et d’efforts aux parents.»


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