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La très grande majorité des fossiles d'espèces vivantes reste encore à découvrir. Pour les paléontologues, c'est heureux, même si certains fossiles resteront malgré tout rares, car il leur reste de belles découvertes à faire.
Bien sûr, ce sont sans doute les fossiles de dinosaures qui font le plus rêver et justement, on vient d'identifier une nouvelle espèce parmi les iguanodontidés, une famille de dinosaures ornithischiens à laquelle appartient le genre Iguanodon. On connaît ce dernier depuis tout juste 200 ans.
En effet, c'est en 1825 que le géologue et paléontologue britannique Gideon Mantell a identifié et nommé une espèce fossile qu'il a appelée Iguanodon en raison de la ressemblance de ses dents avec celles des iguanes (en grec ancien, odontos signifie dent). Il ne savait pas encore cependant qu'il était en présence d'un dinosaure car le nom et le concept ne seront proposés qu'en 1842 par son compatriote, le paléontologue Richard Owen.
L'Académie royale de Belgique a le plaisir de présenter l’ouvrage « Les Iguanodons de Bernissart : Des fossiles et des hommes » de Pascal Godefroit, membre de la Classe des Sciences, paléontologue à l'Institut des Sciences naturelles de Belgique, et spécialiste belge des dinosaures. En 1878, une découverte secoue le monde de la paléontologie : les iguanodons de Bernissart. Pour la première fois, une accumulation spectaculaire de squelettes complets et articulés est mise au jour, offrant une fenêtre inédite sur un écosystème vieux de 125 millions d’années. À travers ce livre captivant, plongez au cœur des fouilles originales et découvrez comment cette découverte a révolutionné notre compréhension de la Préhistoire. © L'Académie royale de Belgique
Des iguanodons belges et chinois
Les iguanodontidés vont devenir des stars de la paléontologie par la suite, notamment avec la découverte en 1878 des restes fossilisés des iguanodons de Bernissart en Belgique. C'est alors une pierre angulaire dans l'histoire de la paléontologie car c'est en effet la première fois que l'on retrouve des squelettes complets de dinosaures. On a ainsi trouvé dans une mine de charbon à plusieurs centaines de mètres de profondeur des dizaines d'individus qui vivaient dans un écosystème vieux de 125 millions d'années.
Aujourd'hui, on sait que les iguanodontidés vivaient pendant la période comprise entre le Jurassique moyen et le Crétacé inférieur. Ces herbivores étaient un véritable succès évolutif car on peut en trouver un peu partout sur la Terre, comme le montre à nouveau une toute nouvelle espèce dont la découverte est sur le devant de la scène aujourd'hui.
En effet, un communiqué du CNRS nous parle aujourd'hui de Haolong dongi, un iguanodontidés nommé en l'honneur de Dong Zhiming, pionnier de la paléontologie chinoise. Ses restes fossilisés ont été mis au jour en Chine et sont commentés maintenant par les scientifiques du CNRS et leurs partenaires internationaux dans un article publié dans Nature Ecology & Evolution.
Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi du Crétacé inférieur de Chine (il y a 125 millions d’années). © Fabio Manucci
Un peau et des piquants fossilisés
Haolong dongi est singulier, car c'est la première fois que l'on découvre une espèce de dinosaure qui arbore des piquants.
Les restes fossiles de l'individu retrouvé sont par ailleurs exceptionnellement bien conservés au point que l'on peut étudier la peau fossilisée et même les restes des cellules cutanées bien qu'elles soient âgées de 125 millions d'années.
Les auteurs de l’étude à l’observation du fossile d’Haolong dongi au Musée géologique d’Anhui à Hefei, Chine. © Thierry Hubin
Les chercheurs en ont profité pour faire des scans à rayons X et des coupes histologiques à haute résolution, comme l'explique un communiqué du CNRS qui précise aussi que « ce dinosaure à piquants était herbivore et vivait sous la prédation de petits dinosaures carnivores. Comparables à celles des porcs-épics par leur fonction de dissuasion, ses appendices représentent une innovation évolutive unique. Ils auraient également pu jouer un rôle dans la thermorégulation ou la perception sensorielle.
Jusqu'à présent, aucune preuve n'attestait de l'existence de tels piquants chez les dinosaures. Le spécimen de Haolong dongi étant juvénile, il reste à déterminer si ces piquants étaient également présents chez les adultes ».
Piquants d'Haolong dongi en place dans la gangue sédimentaire (fort grandissement). © Thierry Hubin
Des explications supplémentaires se trouvent dans un autre communiqué, de l'Université de Rennes celui-là, et dans la vidéo que Ninon Robin, chargée de recherche CNRS en paléontologie au laboratoire Géosciences Rennes et co-autrice de l'étude dont elle présente le travail d'analyse des échantillons du fossile d'Haolong dongi.
« Cette découverte montre que même des groupes aussi étudiés que les dinosaures iguanodontiens peuvent encore nous surprendre. La complexité de la peau des dinosaures est bien plus grande que nous ne l'imaginions », explique Huang Jiandong, directeur du département de recherche du Musée géologique d'Anhui et premier auteur de l'article.


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