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Budget provincial : le milieu associatif soulagé, les fonctionnaires sur le qui-vive

2 month_ago 21

         

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Le milieu associatif pousse un soupir de soulagement après le dépôt du budget provincial qui ne prévoit pas de compressions importantes, sauf dans la fonction publique. Le déficit, qui continue d’augmenter, sème toutefois l’inquiétude et les organismes disent rester prudents pour la suite des choses.

Mardi, le ministre des Finances, René Legacy, a déposé son budget, qui prévoit une augmentation des dépenses de 822 millions de dollars dans un budget total de 15,6 milliards de dollars. La province compte faire des économies en réduisant la taille de la fonction publique de 12 %, mais prévoit un déficit record de 1,4 milliard de dollars.

Le secteur de l’éducation postsecondaire craignait le pire

Pourtant, le gouvernement Holt martèle depuis plusieurs mois que des décisions difficiles seraient prises lors de ce budget. Par exemple, le secteur de l’éducation postsecondaire craignait des compressions importantes dans les subventions aux universités. Finalement, ces subventions seront gelées.

On est dans un sens soulagé qu’il n’y a pas eu une coupure de 10 %. Par contre, selon nous, c'est un pansement sur une situation qui va continuer de saigner à long terme, dit Emma Raphaëlle, présidente de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton.

Emma Raphaëlle sourit à la caméra, une foule derrière elle.

Emma Raphaëlle, présidente de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Selon elle, même si cette subvention n’est pas diminuée, le fait qu’elle n’augmente pas crée un problème tout aussi inquiétant, car le coût de la vie ne cesse de croître.

On s’est fait dire que le 0 %, c’est pour tout de suite, mais que la conversation pour l'année prochaine est toujours de couper 10 %.

Un avis partagé par le président de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick, Antoine Chiasson. Il craint l’impact de compressions à venir sur les prochaines générations.

Antoine Chiasson sourit à la caméra, une foule derrière lui.

Antoine Chiasson, président de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

On a déjà un stress, une pression, une anxiété, pour le futur, et à ce qui s’en vient pour les élèves du secondaire.

Par ailleurs, le budget pour le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance augmente de plus de 120 M$. Ghislaine Foulem, porte-parole du regroupement des conseils d’éducation francophones, se réjouit de voir que les compressions budgétaires seront moins difficiles que prévu.

Ghislaine Foulem répond aux questions d'un journaliste.

Ghislaine Foulem, présidente du conseil d'éducation du District scolaire francophone Nord-Est et porte-parole du regroupement des conseils d'éducation francophones.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raîche-Nogue

Je pense que, dans les circonstances, on peut dire qu’on considère que c'est un peu comme le statu quo, soutient-elle. On peut dire qu’on n’est pas nécessairement déçu.

La fonction publique provinciale sur le qui-vive

Pour faire des économies, le gouvernement a annoncé qu’il réduira la taille de la fonction publique de 12 %. Une mesure que le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) suivra de près.

On attend pour voir l’impact direct, lance le vice-président du SCFP au Nouveau-Brunswick, Serge Plourde, qui espère que les compressions se feront au niveau des postes de gestion.

Serge Plourde pose pour la photo, à l'intérieur de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Serge Plourde, vice-président du Syndicat canadien de la fonction publique au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Pascal Raîche-Nogue

Si on attaque directement les employés sur les lieux de travail, il va y avoir un gros impact, déjà on a des problèmes de rétention à travers la province.

Questionnée sur les compressions dans la fonction publique provinciale, la directrice générale de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick, Johanne Perron, dit qu’elle y portera une attention particulière.

Johanne Perron.

Johanne Perron est la directrice générale de la Coalition pour l'équité salariale. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

On va voir ce que ça aura comme impact sur les emplois à prédominance féminine.

Elle se réjouit par ailleurs de voir que le gouvernement prévoit introduire une loi sur la transparence salariale lors de la session législative en cours, mais milite toujours pour une loi sur l’équité salariale dans le secteur privé et dans le secteur des foyers de soins. 

Le déficit inquiète

La province prévoit un déficit record de 1,4 milliard de dollars et ne compte pas atteindre l’équilibre budgétaire avant la fin de son mandat. Ce qui a fait sursauter le directeur de la région atlantique pour la Fédération canadienne des contribuables, Devon Trover.

Devon Trover pose pour la photo.

Devon Trover, directeur de la région atlantique pour la Fédération canadienne des contribuables.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raîche-Nogue

Je suis très déçu de voir que la première ministre ne respecte pas sa promesse électorale, dit-il en ajoutant que le budget ne prévoit pas d’allègement fiscal significatif pour les Néo-Brunswickois qui font déjà face à des difficultés financières.

Jonathan Duffaud, président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick s’inquiète aussi du taux d'endettement.

Jonathan Duffaud pose pour la photo.

Jonathan Duffaud, président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raîche-Nogue

On est un petit peu surpris qu’il n’y ait pas de coupes tant que ça, mais c’est surtout le taux d'endettement qui est un peu inquiétant à long terme.

Il faut être vigilant, on ne peut pas non plus ne pas être responsable de la dette qu’on souscrit.

Un investissement énorme en santé, le SIINB s’en réjouit

Le ministère de la Santé obtient la plus grande part du gâteau. Son budget augmentera de 17,4 % comparativement au budget précédent. C’est énorme, dit la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, Paula Doucet.

Une femme en entrevue devant des journalistes.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

C’est vraiment un bon investissement, dit-elle. Je suis satisfaite, mais on attend pour les détails.

Quant à lui, le président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, Yvon Godin, ne s’attendait pas à des miracles lors du dépôt de ce budget, étant donné l'ampleur du déficit.

Yvon Godin sourit à la caméra.

Yvon Godin, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Il se réjouit donc de voir qu’un supplément de 45 M$ pour les municipalités sera maintenu. Toutefois, il dit attendre de pied ferme les rapports sur deux autres réformes dans ce secteur, soit celle sur l’impôt foncier et celle sur les commissions des services régionaux.

Avec les informations de Pascal Raiche-Nogue

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