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Un ex-enseignant de l’établissement privé catholique Saint-Genès La Salle sera jugé par la cour criminelle de la Gironde pour des faits de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs. L’enquête a permis d’identifier 36 victimes potentielles.
Passer la publicité Passer la publicitéD’après une information du journal Sud-Ouest confirmée au Figaro, les juges d’instruction ont ordonné le renvoi devant la cour criminelle de la Gironde de l’ancien professeur des écoles de l’établissement Saint-Genès La Salle, à Bordeaux, mis en cause dans une vaste affaire de violences sexuelles sur mineurs. L’homme, âgé de 54 ans, est actuellement placé en détention provisoire.
Selon l’ordonnance de mise en accusation, l’ex-enseignant est poursuivi pour le viol de 17 élèves, des faits qui auraient été commis entre 2008 et 2012, alors qu’il exerçait comme maître de CM1. Il est également accusé d’agressions sexuelles sur six autres enfants entre 2017 et 2023, ainsi que de faits de voyeurisme et d’atteinte à l’intimité concernant d’autres mineurs.
L’affaire avait éclaté en juin 2023, lorsque deux élèves avaient surpris l’enseignant en train de les filmer pendant qu’elles prenaient leur douche, lors d’un séjour scolaire sur le bassin d’Arcachon. Interpellé, il avait été placé en garde à vue et mis en examen pour agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans, détention d’images à caractère pédopornographique et voyeurisme.
Au cours de l’enquête, les investigations ont été étendues à l’ensemble des classes dans lesquelles l’enseignant avait exercé depuis son arrivée à Saint-Genès en 2008. Ce travail a permis d’identifier 36 victimes potentielles, dont 17 pour des faits qualifiés de viols. «Plus d’une trentaine de victimes ont déjà été identifiées. C’est considérable, et il est probable que d’autres ne se soient pas encore manifestées, ou ne se souviennent pas des faits», souligne Me Mathias Darmon, avocat d’une quinzaine de parties civiles. Selon lui, le procès pourrait se tenir «à la fin de l’année 2026».
Un premier signalement dès 2011
Cette affaire avait profondément ébranlé l’établissement, l’un des plus réputés de l’agglomération bordelaise. Quelques jours après la mise en examen de l’enseignant, le directeur de Saint-Genès s’était suicidé. Dans un courrier, il évoquait sa «responsabilité» et son «mal-être» face à la situation.
L’enquête révèle qu’un premier signalement avait pourtant été formulé dès 2011. Un parent d’élève avait alerté la direction de l’établissement sur des comportements jugés inquiétants, évoquant notamment des fillettes reçues seules en classe, portes fermées, pour un prétendu «jeu du goût», les yeux bandés. «La trace de ce signalement apparaît dans les archives du diocèse de Bordeaux», explique Me Darmon. Le document aurait été signé par le directeur de l’école primaire de l’époque. «Il n’avait émis qu’un rappel à l’ordre à l’enseignant, qui avait donc pu continuer ces agissements», explique l’avocat.


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