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« C'est un milieu naturel exceptionnel. [...] C'est important de le protéger », lance sans hésiter Nicolas Davignon lorsque questionné sur le boisé Ascot-Lennox. Il fait partie de la douzaine de citoyens du secteur de Lennoxville qui ont fait connaître leurs inquiétudes à leur conseil d'arrondissement, mardi soir.
C'est qu'une première coupe d'arbres liée au projet résidentiel du Carré Watson, porté par les Entreprises Lachance, est en cours sur place.
J'habite à une distance de marche du nouveau quartier qui se fait bâtir. Mes préoccupations sont vis-à-vis l'expansion de ce type de construction dans le boisé Ascot-Lennox. Il est temporairement protégé, on travaille pour qu'il soit protégé de façon permanente parce qu'on voit la façon dont le nouveau développement est fait, sans consultation citoyenne, a indiqué Michael Labarre, citoyen s'étant présenté devant le conseil d'arrondissement.
[On craint] que, rapidement, un lieu assez tranquille comme Lennoxville voit sa population s'accroître de presque une centaine de nouveaux citoyens dans un quartier très restreint.
L'entreprise n'outrepasse pas ses droits, assure la Ville
Le conseiller du district d'Uplands, Claude Charron, a entendu les préoccupations citoyennes. Il affirme vouloir que les choses soient bien faites. Selon lui, le projet des Entreprises Lachance respecte les règles de l'art.
La forêt urbaine est actuellement protégée par un règlement de contrôle intérimaire, mais comme la rue Ernest-Gilbey est à l'extérieure de la zone de protection, la construction de maisons unifamiliales y est possible. De plus, du développement a été autorisé sur une bande de 30 mètres, rue Baker, en bordure du boisé Ascot-Lennox, il y a plus de 10 ans.
C'est un développement qu'on a acquis il y a environ deux ans d'un autre promoteur, qui avait fait des démarches [auprès de la Ville] avec ce terrain-là depuis environ 2014. C'est donc dans les cartons depuis vraiment longtemps, explique le président-directeur général des Entreprises Lachance, Patrick Lachance.
Ce dernier précise que le projet initial de l'ancien promoteur a été modifié quelque peu lorsque sa compagnie a pris le relais.
Le zonage permettait de la maison unifamiliale et du duplex. Nous, on a changé ça pour de la maison jumelée au lieu du duplex. On s'entend qu'au niveau du nombre d'unités, ça revient au même, mais, pour nous, c'était préférable d'avoir des maisons jumelées dans ce secteur-là. C'est la raison pour laquelle on a fait le changement de zonage.
Un manque de communication dénoncé
Ce que déplore tout de même le groupe d'opposants, c'est d'avoir été mis devant le fait accompli. Ils auraient aimé être consultés en amont de l'octroi d'autorisations.
C'est une coupe à blanc dans un développement où l'on avait une forêt mature, et on l'apprend via un communiqué de la Ville de Sherbrooke une fois que les dés sont jetés. On pense que ce type de développement-là devrait être soumis à une consultation publique des citoyens concernés, le tout en cohérence avec ce qui est à jour pour respecter l'environnement et la vision de développement durable d'une ville, a souligné Jérôme Chailler, autre citoyen du secteur.
La conseillère municipale du district d'Ascot, Geneviève La Roche, donne raison aux citoyens sur ce point précis.
Il faut mieux communiquer. C'est important. Je comprends les citoyens d'être surpris.
Ça fait toujours un choc. C'est un boisé auquel beaucoup de citoyens sont attachés, mais effectivement, en ce moment, ce qui se passe, selon toutes les informations que j'ai recueillies et les démarches que j'ai faites, tout est légal. Après, il faut effectivement réviser nos processus pour être sûrs que les citoyens concernés sont parties prenantes, qu'ils voient venir les choses, a-t-elle ajouté.
Celle-ci aimerait d'ailleurs que les projets qui ont été approuvés de nombreuses années auparavant soient eux aussi soumis aux normes environnementales les plus à jour.
Depuis 2012, on a mis en place de la nouvelle réglementation, notamment avec le plan nature, selon lequel on demande de préserver un minimum de 20 % d'un boisé, puis on demande une canopée de 30 %. [...] Il faut trouver le moyen, quand on a un projet qui ne se réalise pas dans un délai raisonnable, de pouvoir appliquer les nouvelles réglementations qu'on a mises en place pour atteindre nos objectifs. Sinon, ça vient défaire le travail qu'on fait actuellement, soutient la conseillère.
Geneviève La Roche assure toutefois que, selon ses vérifications, les 30 % de canopée demandés dans le plan nature sont inclus dans le projet du Carré Watson.
Pour en savoir plus sur l'avenir à long terme de la protection du boisé Ascot-Lennox, il faudra attendre le dépôt du plan d'urbanisme dans les prochains mois. Quant aux Entreprises Lachance, elles prévoient le début de la construction des unités d'habitation dans le secteur ce printemps.


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