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Face à la multiplication des violences en marge des blocages de lycées, l’exécutif cherche à reprendre la main. Et il se tourne vers les parents.
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Par Johann Foucault Publié le 2 oct. 2026 à 10h19
Près de 2 000 interpellations en une seule journée, plus de 300 policiers et gendarmes blessés, 65 personnels de l’Éducation nationale touchés, dont 40 proviseurs. Après un acte 2 du mouvement des lycéens jeudi 1ᵉʳ octobre marqué par des blocages, des incendies et des dégradations dans de nombreuses villes, la mobilisation lycéenne a clairement changé de dimension. Plus de 1 000 lycées ont été concernés jeudi et plus d’une centaine ont subi des « dégradations sévères », selon le ministre de l’Éducation nationale, qui a précisé jeudi soir qu’environ 400 établissements sont fermés ce vendredi. Tous les préfets ont reçu pour consigne d’interdire les manifestations aux abords des établissements fermés.
Face à cette flambée de violences, l’exécutif tente de reprendre la main. Et se tourne désormais vers… les parents. Avec deux messages pour le moins différents : Édouard Geffray leur demande de retenir leurs enfants, tandis que Gérald Darmanin veut leur faire payer les dégâts qu’ils commettent.
Édouard Geffray demande de l’aide aux parents
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a demandé vendredi 2 octobre de l’aide aux parents car « dans la rue, les enfants sont en danger ».
« Les parents, très clairement, doivent se mobiliser et dire à leurs enfants de ne pas aller » dans les blocages, a-t-il enjoint sur BFMTV. « Maintenant ce qui compte, c’est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu’ils sont en danger », a-t-il indiqué.
Pour appuyer son propos, le ministre a par ailleurs dressé un bilan des violences contre les personnels de l’Éducation nationale : « À ce stade, on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même », a-t-il déclaré, sans entrer dans le détail des blessures les concernant.
Gérald Darmanin, lui, veut faire « payer les réparations » aux parents
Changement de ton du côté du garde des Sceaux. Gérald Darmanin, lui, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire « payer les réparations », a-t-il dit vendredi sur RTL.
« C’est pas le mineur qui paye, c’est les parents, aujourd’hui c’est aussi un problème de parents », a résumé le ministre, au lendemain de sa réunion avec les procureurs généraux, jugeant cette réponse « bien plus utile que l’enfermement ».

« Les parents doivent avoir leur responsabilité de parents. Que font des gamins de 15-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d’établissement ? », s’est-il interrogé.
« Lorsqu’on détruit des lycées, lorsqu’on s’attaque à des abribus, lorsqu’on attaque des transports, on demande la responsabilité civile des parents désormais« , a-t-il insisté, avant d' »espérer » que « les magistrats du siège confirmeront » ce que demanderont les procureurs.
Le gouvernement craint « des violences urbaines »
Depuis le début du mouvement, environ 2 000 personnes ont été placées en garde à vue « dont 90 % de mineurs », tandis qu’un tiers des interpellés l’ont été pour des violences commises contre les personnes, a détaillé Gérald Darmanin. Il a fustigé une « minorité agissante et violente (…), dont on n’est pas tout à fait certain qu’ils soient d’ailleurs des lycéens ».
« On est passé de manifestations de lycéens » à une question « d’ordre public », a ajouté Gérald Darmanin, qui a confessé craindre « des violences urbaines » vendredi soir, ce week-end et lors de la journée de mobilisation nationale de mardi.
Gérald Darmanin s’en est par ailleurs de nouveau pris aux responsables de LFI, accusés de vouloir récupérer le mouvement lycéen et d’attiser la violence. Il a qualifié Manuel Bompard, le coordinateur du mouvement, d’être un « pompier-pyromane, comme M. Mélenchon », le candidat à la présidentielle qui a tenu des « propos extrêmement violents » avant de « changer de ton, trop tard ».
Des revendications concrètes
Pendant ce temps, les revendications des lycéens à l’origine du mouvement risquent d’être reléguées derrière la question désormais omniprésente du maintien de l’ordre. Pourtant, comme nous l’expliquions dans cet article, leurs revendications sont concrètes : professeurs non remplacés, bâtiments dégradés, emplois du temps jugés trop lourds, pression de Parcoursup ou manque de moyens.
Édouard Geffray reconnaissait encore jeudi que ces revendications étaient « audibles » et « méritaient d’être entendues », tout en estimant que le mouvement avait depuis été « pris en otage par des groupuscules ultraviolents ».
Le ministre reçoit ce vendredi syndicats, organisations lycéennes et associations de parents. Avec un défi : trouver une réponse aux lycéens eux-mêmes, en espérant que la situation ne dégénère encore davantage.
Avec AFP
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