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Sur la Côte-Nord, les responsables de la microbrasserie de Baie-Comeau attendent avec impatience la possibilité de vendre leurs produits dans d'autres provinces.
En effet, neuf provinces canadiennes ont signé un accord sur la vente directe d’alcool interprovincial, le 21 juillet, à Charlottetown, pendant la rencontre du Conseil de la Fédération.
Pour le moment, le Québec n’en fait pas encore partie.
Pourtant, cet accord pourrait aider les microbrasseries et les microdistilleries de la province, selon André Morin, cofondateur et directeur général de la microbrasserie St-Pancrace, à Baie-Comeau.
Dans les faits, c’est une très bonne nouvelle

André Morin, cofondateur et directeur général de la microbrasserie St-Pancrace. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lydianne Ouimet
Il se rappelle d'un projet qui n’a pas fonctionné faute d'entente. Sa microbrasserie voulait travailler avec la microbrasserie Iron Rock, au Labrador. Les deux entreprises n’ont jamais pu échanger leurs bières. C’était comme impossible d’avoir leurs bières avec nous pour les accueillir, et vice-versa, explique-t-il.
Ne pas réussir à travailler ensemble, ce qui est l’ADN des microbrasseries, c’est toujours embêtant
Ce n’est pas un cas isolé, M. Morin a aussi visité des microbrasseries en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, avec l'idée d’échanger des produits. Le projet n’a pas pu aboutir. C’est pratiquement plus simple de vendre nos produits à l’international qu’au Canada, explique-t-il.
L’entreprise vend déjà ses produits à Fermont. Donc, si l’entente se concrétise, elle pourrait continuer son développement vers le nord: c’est de pouvoir continuer notre développement vers le Labrador, ce sont des petits territoires, mais c’est notre territoire à nous, c’est notre région.
La loi québécoise explique en partie le retard, selon lui : faire la livraison directement au consommateur, ce n’est pas permis. Donc, ça demande des changements réglementaires et des ajustements.
Ce n’est pas le volume de ventes qui l’intéresse dans cette entente. Ce n'est pas un immense marché, mais on s’ouvre des portes. On veut travailler ensemble d’un océan à l’autre, dit-il.
Il y voit aussi une occasion de découverte et d’influence : Une opportunité de voir des saveurs d’autres microbrasseries, ontariennes par exemple, venir influencer ce qu’on va retrouver sur la scène québécoise.
Une question reste en suspens : le prix à payer par le consommateur reste difficile à prévoir. Les taxes sur l’alcool varient d’une province à l’autre.
Il va y avoir des provinces où ça va être plus cher, des provinces où ça va être moins cher, ce n’est pas unifié à la grandeur du Canada, précise M. Morin.
Des règles se sont pourtant assouplies cette année au Québec. La loi québécoise sur les alcools a été modifiée le 11 juin.
Les microbrasseries peuvent maintenant vendre leur bière directement aux organismes à but non lucratif qui organisent des événements. Ces organismes devaient auparavant passer par une épicerie ou un dépanneur, ce qui empêchait les brasseurs de leur offrir un meilleur prix.
Le Québec n’a pas encore précisé quand il compte signer l'accord.
Radio-Canada a tenté de joindre d’autres acteurs de l’industrie sur la Côte-Nord, mais sans succès.


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