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BGFI Holding : les dossiers qui plombent le géant bancaire

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Le feuilleton judiciaire est terminé, mais les questions, elles, restent. BGFI Holding Corporation a beau avoir obtenu gain de cause face aux actionnaires dissidents, l’ardoise n’est pas effacée. Derrière les communiqués triomphants, une réalité moins reluisante : des contentieux qui traînent depuis des années, une gouvernance contestée, et des montages financiers qui font tousser jusqu’aux plus hautes instances. Franchement, pour un groupe qui veut convaincre les épargnants camerounais de lui faire confiance, le tableau est loin d’être propre.

Une gouvernance sous tension et des contentieux en série

Le premier dossier qui fâche, c’est celui de Christian Kerangall. L’homme détient 23% du capital de la holding et il n’a pas l’intention de se laisser faire. Pendant des mois, il a bloqué l’introduction en Bourse du groupe à la Bvmac, dénonçant pêle-mêle un changement de gouvernance après la nomination d’Henri-Claude Oyima au gouvernement gabonais et une augmentation de capital de 15,7 milliards FCFA qu’il jugeait contestable. La justice de Libreville lui a finalement donné tort en septembre dernier, validant l’ensemble des résolutions de l’assemblée générale.

Mais un contentieux gagné ne règle pas le problème de fond. La fronde de Kerangall a mis en lumière une réalité que le groupe préférerait sans doute oublier : sa gouvernance a été publiquement contestée, et pas par n’importe qui. Un actionnaire qui contrôle près d’un quart du capital et qui saisit la justice pour bloquer une opération stratégique, c’est le signal d’un climat de défiance interne. Et ça, aucun communiqué de presse ne peut l’effacer.

L’argent qui ne rentre pas et les montages qui dérangent

Il y a ensuite les dossiers dont on parle moins, mais qui pèsent tout autant. La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) réclame 552 millions FCFA à BGFI Bank Cameroun. L’histoire remonte à un marché public résilié en 2017, et à une caution bancaire que la banque aurait dû payer. Malgré une décision favorable de la Cour suprême et une saisine de la Cobac, l’argent n’a toujours pas été versé. Près de huit ans après les faits. Le chiffre fait mal, surtout quand on le met en face des ambitions affichées du groupe.

Puis il y a le projet Cstar à Kribi. La SNH a signé une convention avec BGFI Bank Cameroun pour mobiliser plus de 118,2 milliards FCFA. Mais l’avocat Akere Muna, ancien bâtonnier, a publiquement dénoncé des incohérences dans ce montage, dans un texte au titre évocateur : « Du scandale Glencore au Mirage Cstar ». Il pointe des incohérences, des violations, et un schéma qui, selon lui, sent le déjà-vu. Personne ne s’y est vraiment opposé publiquement. Et c’est peut-être ça le plus inquiétant.

BGFI Holding a gagné une bataille judiciaire. Il n’a pas gagné la guerre de la crédibilité. Les épargnants camerounais, eux, méritent de savoir ce qui se cache derrière les affiches.

Laurent Diby

Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]

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