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La Ville de Belle-Baie envisage toujours de vendre des parcs afin d'en faire des terrains pour la construction de logements, une perspective qui inquiète des citoyens qui poursuivent leur mobilisation pour conserver leurs espaces verts.
Le parc Willie C. Landry, situé dans le secteur de Beresford dans le nord du Nouveau-Brunswick, est l’un des espaces considérés comme excédentaires par la Municipalité de Belle-Baie.
Dans ce parc, on trouve plusieurs installations, dont certaines sont encore fonctionnelles, comme un terrain de balle molle, des modules de jeux pour enfants et des balançoires.

Certains modules de jeux, au parc Willie C. Landry dans le nord du Nouveau-Brunswick, auraient besoin d'une cure de rajeunissement, selon des citoyens qui habitent à proximité. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Afin de stimuler une croissance de la population, mais aussi pour générer de nouveaux revenus municipaux, Belle-Baie réfléchit à l’idée de permettre la construction de logements sur ce terrain.
Le 17 février dernier, lors du conseil municipal, la ville a présenté les grandes lignes du projet.

Cette carte, présentée à la population lors du conseil municipal du 17 février 2026, présente le terrain, en bleu foncé, qui pourrait être vendu pour y faire construire des logements.
Photo : Youtube / Ville de Belle-Baie
Un segment du terrain pourrait être vendu à un promoteur pour la construction d’habitations d'ici avril 2029.
L’autre partie du parc, plus petite, serait conservée.
Pour aller de l’avant avec l’initiative, les élus municipaux devront accepter un rezonage.
Mobilisation pour freiner la construction
Patrice Godin, un retraité qui habite devant le parc Willie C. Landry, est l'un des citoyens qui s'opposent au projet présenté par la municipalité.
Avec d’autres citoyens, il a fait circuler une pétition, qu’il a présentée au conseil municipal cet hiver.
On n’est pas contre la [construction] de logements. C’est juste [qu’on s’oppose au fait] de sacrifier une partie de notre parc. Pendant l’été, tous les jours, il y a des gens dans le parc. Il a des activités spontanées, fait-il valoir.
Nous, on veut conserver tout le parc C. Landry en entier. On s’est engagé pour sauver les parcs de Belle-Baie. De toutes les personnes avec qui j’ai parlé sur la rue Landry, il n’y a personne qui pense que c’est une bonne idée de se débarrasser de notre parc.

Patrice Godin, un citoyen engagé de Belle-Baie, dans le secteur de Beresford, a participé au lancement d'une pétition pour encourager la population à se mobiliser en faveur d'une meilleure protection des parcs et espaces verts municipaux.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Selon la proposition municipale de février, une somme de 150 000 $ serait réservée pour la revitalisation de la portion du parc qui resterait si le projet va de l'avant.
150 000 $, c’est bien. Mais on n’a pas demandé pour ça. Qu’est-ce qu’on veut, nous autres, c’est notre parc en entier, lance M. Godin.
D’après ce résident, le terrain de balle molle pourrait disparaître pour des logements.
D’autres parcs dans la mire de la municipalité?
Le sort réservé aux espaces verts de Belle-Baie inquiète également Donald Mallard, qui milite en faveur de la sauvegarde du parc Héritage-sur-Mer, un autre terrain qui est lui aussi considéré comme excédentaire par la municipalité.
Selon lui, les taux de fréquentations qu’il constate du petit espace vert démontrent l’importance de conserver les lieux.
Notre parc est utilisé. Même en hiver, je vois des gens qui jouent dans le parc, affirme ce citoyen engagé.

Donald Mallard (à droite) est un citoyen engagé à Belle-Baie et il souhaite que le parc Héritage-sur-Mer, à Beresford, soit protégé.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Il estime que son parc pourrait être l’un des prochains espaces à faire l’objet d’un projet de construction de logements
En mars, je compte présenter, à la Ville de Belle-Baie, un [projet différent pour revitaliser] Héritage-sur-Mer en un parc intergénérationnel. C’est ce qu’on veut faire avec le parc, lance M. Mallard.
Belle-Baie demeure prudente
Le maire suppléant de Belle-Baie, Joël Olivier, est bien au fait des inquiétudes de certains résidents quant au projet de logements.
Un point de départ, c’est de comprendre l’inquiétude des résidents. Est-ce que c’est la peur d’un étalement, d'avoir des logements qui ne s’intègrent pas forcément dans les quartiers existants? Alors, c’est d’expliquer, avec beaucoup de visuels, pour comprendre les craintes, les questions et les bons points du projet. [...] Chaque fois, on pense au bien-être de la ville, explique-t-il.
C’est comme si l’on avait un grand tableau sur lequel il nous reste à dessiner dessus. On peut mettre des critères, travailler avec le promoteur et s’assurer que ça convienne au développement de la municipalité.

Joël Olivier est le maire suppléant de la Ville de Belle-Baie, dans le nord du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Belle-Baie n’a pas encore pris de décision quant à l’avenir de ses parcs, mais le maire suppléant s’attend à ce que les élus tranchent la question à la suite des élections municipales en mai 2026.


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