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Ciel bleu et douceur automnale. Les outardes sont de sortie jeudi au parc Ahuntsic de Montréal. Au bord de l’étang, Ruba Ghazal et Anne Latendresse, candidate de Québec solidaire (QS) dans Maurice-Richard, présentent les mesures du parti pour protéger les locataires.
En marge du point de presse, une femme d’une cinquantaine d’années, Najat, interpelle la co-porte-parole de QS, Ruba Ghazal, en arabe, sur la situation en Palestine. Elle ne veut pas dire pour qui elle ira voter. Réponse de Ruba Ghazal : « Votez selon votre cœur, Inch Allah. »
Le fait d’être une femme d’origine palestinienne fait-il de Ruba Ghazal un porte-étendard automatique de la cause palestinienne ? Non, elle se considère comme Québécoise avant tout, elle n’a jamais voulu qu’on la ramène à ses origines. Le communautarisme, ce n’est pas son truc.
« Je ne suis pas une fille que la communauté a placée là, zéro. La communauté m’a découvert après, explique-t-elle au Devoir. Je veux défendre les droits des Palestiniens, comme je veux défendre les droits des Ukrainiens, comme je veux défendre les droits de tout le monde. Pour moi, c’est une question d’humanité. »
À ses côtés, Anne Latendresse remonte le moral de ses troupes. Elle tire en effet de l’arrière dans les intentions de vote, en troisième position derrière la candidate du Parti québécois, Aisha Issa, et la libérale, Nada Boumeftah. L’ancienne professeure-chercheuse en géographie à l’UQAM garde espoir.
« On continue, on fait du porte-à-porte. On a un nombre de personnes incroyables qui viennent. D’ailleurs, tous les soirs, entre 17 h et 20 h 30, le local est plein », explique la candidate, proche du député solidaire sortant Haroun Bouazzi.
Mme Latendresse a la question de la Palestine chevillée au corps. Elle a fait une thèse de doctorat à Jérusalem, où elle a vécu pendant deux ans et demi. Dans les années 1980 et 1990, elle était aussi très active dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, elle regrette que la question de la Palestine ne prenne pas plus de place dans la campagne.
« Le sentiment de la population générale, c’est qu’il s’agit de nos élections, ici, sur les enjeux du Québec. » C’est donc auprès des jeunes qu’Anne Latendresse retrouve la foi, d’autant plus que c’est son fils, Victor, 26 ans, qui dirige sa campagne.
« Je suis allée dans les débats au Collège André-Grasset et au cégep Ahuntsic. À la fin, les jeunes criaient “Vive la Palestine !” »


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