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Beaucoup d’élus municipaux disent être victimes de comportements irrespectueux et hostiles

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Dans un sondage récent, deux élus municipaux sur cinq au Nouveau-Brunswick ont témoigné avoir été victimes de comportements irrespectueux et hostiles.

Cela fait maintenant plusieurs années que l'intimidation est un problème pour les élus. La situation reste une priorité pour l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).

Cette année, Katherine d’Entremont, ancienne commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, a été chargée par l’AFMNB de déterminer de quelle manière il est possible d’avoir une participation saine des résidents à la vie municipale.

La Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont

Katherine d'Entremont a occupé le poste de commissaire des langues officielles du Nouveau-Brunswick de 2013 à 2018. (Photo d'archive)

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Elle a alors conçu un questionnaire pour se faire une idée de l’état d’esprit des membres de l’AFMNB, auquel 76 personnes ont répondu.

Selon les résultats, 32 élus ont exprimé avoir été victimes d’un comportement irrespectueux et hostile de la part d’un membre du public.

D’autres ont subi des attaques personnelles ou de la désinformation, principalement sur les réseaux sociaux ou autres plateformes numériques.

Près de 37 % de ces situations ont eu lieu lors de réunions du conseil municipal ou de comités. Quatorze membres ont également signalé des comportements irrespectueux venant d’autres personnes élues.

Trois personnes ayant répondu au questionnaire ont d’ailleurs exprimé une peur pour leur sécurité ou celle de leur famille.

Selon Eric Marquis, maire d’Edmundston, ce chiffre pourrait être bien plus élevé, car certains élus choisissent de ne pas en parler. Il espère que la situation ne va pas se dégrader davantage.

Eric Marquis dehors avec un cours d'eau en arrière.

Eric Marquis est maire d'Edmundston. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Le défi qu’il y a, c’est que, quand on ne fait rien, ça va juste s’accentuer. On va simplement avoir une autre situation qui va se produire et ça va augmenter en intensité, exprime le maire d’Edmundston.

De là l’importance d’assurer qu’on a des mesures qui sont prises et qu’on a un appui de notre gouvernement provincial pour, justement, mettre en place des mesures pour venir en aide aux élus municipaux, ajoute-t-il.

Josée Rioux Walker prend la pose, souriante, dans la salle du conseil municipal de Grand-Sault.

Josée Rioux-Walker, mairesse adjointe de Grand-Sault, au Nouveau-Brunswick, le 4 mars 2026.

Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé

Pour Josée Rioux-Walker, mairesse suppléante de Grand-Sault, le problème commence quand les comportements irrespectueux touchent les proches des élus municipaux.

Ça affecte ta famille. C’est là que ça devient personnel, déclare-t-elle. L’élu est capable d’en prendre, mais quand ça se passe sur la place publique, c’est pas juste l’élu. Tu as ses enfants, tu as son conjoint, tu as sa mère, tu as son père.

L’an dernier, un sondage effectué auprès des élus municipaux du Nouveau-Brunswick a révélé que 64 % des répondants ont exprimé être victimes d’intimidation et de harcèlement dans l’exercice de leur fonction.

Le phénomène des réseaux sociaux

Face à la montée en puissance des discours haineux, plusieurs membres de l’AFMNB rejettent la faute sur les réseaux sociaux.

Personnellement, j’ai encore vécu quelque chose cette semaine, à travers les médias sociaux, où les menaces sont très, très directes. C’est une facilité que les gens ont, qu’ils n’avaient pas nécessairement 10 ou 15 ans passés, explique Eric Marquis.

Kim Chamberlain, mairesse de Bathurst, affirme qu'elle ne consulte pas les réseaux sociaux, en raison des commentaires des utilisateurs à son sujet.

De son côté, le maire de Caraquet, Bernard Thériault, dit utiliser les réseaux sociaux afin de se défendre.

Des pistes de solutions pour les élus

Pour Colette Plourde, mairesse d’Île-de-Lamèque, la solution serait d’être transparent, de rester ouvert et à l’écoute des citoyens.

Lors du congrès annuel de l’AFMNB, Katherine d’Entremont a précisé que les opinions citoyennes qui sont en désaccord avec les élus municipaux ne constituent pas des actes d’hostilité.

Elle invite les élus à ne pas les considérer comme tels.

En juillet dernier, un cadre commandé par l’AFMNB et l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick (UMNB) a présenté 46 recommandations pour contrer au harcèlement et l’intimidation subis par les élus municipaux.

Les recommandations comprennent notamment la création d’une campagne de sensibilisation, l'imposition d’amendes et la création d’un mécanisme de traitement des plaintes. Le rapport propose aussi la clarification du rôle du ministère des Gouvernements locaux et la Commission de la gouvernance locale.

L’AFMNB voulait laisser le gouvernement provincial étudier le rapport et continuer de se pencher sur la question à l’automne.

Avec les informations de Nouemsi Njiké

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