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Une coalition d’acteurs et de syndicats de l’industrie navale demande un engagement de la part de BC Ferries de confier la construction de sa future flotte à des chantiers navals locaux. La campagne Build Them Here (« Construisons-les ici ») interpelle tant la Colombie-Britannique qu’Ottawa, dans la foulée de l’envenimement des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.
Le regroupement syndical affirme représenter 7000 travailleurs de la Colombie-Britannique et être soutenu par l’opinion publique.
La directrice de BC Building Trades, Brynn Bourke, est revenue sur la controverse entourant le contrat pour les quatre nouveaux traversiers de la société, accordé à la Chine. Aucune entreprise canadienne n’avait participé à l’appel d'offres.
Le chantier naval Seaspan de North Vancouver a un cahier des charges bien rempli pour les prochaines années avec la Stratégie nationale de construction navale du gouvernement fédéral, qui inclut la construction de brise-glaces polaires et de navires pour la Garde côtière et la Marine canadienne.
Brynn Bourke y voit justement la preuve que la province a la capacité industrielle et les compétences nécessaires pour construire les traversiers de A à Z, à l’intérieur de ses frontières. Tous les acteurs de l’industrie ont toutefois, selon elle, besoin d’une certaine prévisibilité pour passer à l’échelle supérieure.
C'est ce que nous demandons : que BC Ferries s'engage dès aujourd'hui à construire ses traversiers en Colombie-Britannique. De notre côté, nous pouvons réunir les conditions et former le consortium nécessaire pour répondre présent et mettre sur pied ce plan.
Renforcer la souveraineté économique du Canada
Pour Scott Lunny, directeur du district 3 de Syndicat des Métallos (Ouest canadien), l'échec des négociations commerciales avec l'administration Trump et l'escalade tarifaire qui en découle mettent en lumière la seule voie possible : prendre notre propre avenir industriel en main et mettre à profit notre main-d'œuvre qualifiée et la plus compétente.
Il appelle le gouvernement provincial à prendre les devants pour regrouper les entreprises de construction navale, les travailleurs, BC Ferries, les établissements de formation et Ottawa, et élaborer une stratégie à long terme.
C'est seulement à ce moment-là que nous pourrons planifier les commandes, accroître la capacité, former la main-d'œuvre et récupérer cette occasion manquée pour la Colombie-Britannique et le Canada, lance-t-il en conférence de presse.

Selon Serge Buy, il n’y a pas de marché suffisant pour la construction de traversiers au pays. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
Kendra Strauss, directrice du programme d'études sur le travail à l'Université Simon Fraser, y voit une stratégie de communication autant habile que justifiée de la part de la coalition.
Cette stratégie tente de mettre l’accent sur l’apparente contradiction entre le discours axé sur la souveraineté économique du pays, les récentes annonces conjointes d’investissement dans les métiers spécialisés et un processus d’appel d’offres qui semble défavoriser les chantiers canadiens.
Celle-ci pourrait avoir un certain poids politique, dit Mme Strauss : Je pense que M Eby est sous pression. Il ne veut pas sembler s'ingérer dans un processus de BC Ferries censé livrer de nouveaux navires au coût le plus bas possible. D'un autre côté, ces syndicats sont des alliés traditionnels du NPD. La promesse de bons emplois pour les travailleurs de la Colombie-Britannique va être un point de pression.

Une vue sur un traversier de BC Ferries entre Vancouver et Victoria. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
Serge Buy, PDG de l’Association canadienne des traversiers, dit comprendre le souhait des gens de construire au Canada, mais assure que ce n’est pas une chose possible à court ou moyen terme, et très hypothétique dans un futur plus lointain, étant donné les coûts et délais de construction ainsi que le manque de main-d’œuvre.
Il pense que la construction en Corée du Sud, par exemple, est trois à quatre fois moins chère qu’au Canada. Mettons [plutôt] nos énergies combinées à trouver des solutions aux besoins qui existent en ce moment, soit la réparation navale, soit la déconstruction de navires, dit-il.
Selon Serge Buy, la construction navale pour la défense est un marché captif qui explique la construction au pays. Cependant, pour la construction de traversiers, il n’y a pas de marché suffisant.
S'il y avait un marché, il n'y a de toute façon pas assez de gens qu'on pourrait employer dans ces chantiers navals. Et si on avait assez de gens pour employer dans ces chantiers navals, on ne serait, de loin, pas compétitifs avec le reste du monde, ce qui ferait que toute l'industrie de Colombie-Britannique serait subventionnée par les passagers qui prennent les traversiers.
Des réparations plus efficaces?
Eric McNeely, président de la BC Ferry & Marine Workers' Union, blâme en partie les retards d’approvisionnement pour les annulations et l’attente parfois interminable chez BC Ferries, qui font maintenant partie du folklore britanno-colombien.
Un renouvellement planifié, stable et régulier des navires et de la flotte est essentiel, dit-il. De plus, construire au Canada garantit des délais de réparation plus rapides et une capacité d'intervention locale sur la côte pour les effectuer.
Avec des informations de William Burr


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