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Sarah Mitton prête à prendre sa revanche à la finale de la Diamond League

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La lanceuse de poids Sarah Mitton l’admet bien candidement : elle arrivera à Bruxelles avec le couteau entre les dents en prévision de la finale de la Diamond League. L’année dernière, la Canadienne s’est fait dérober son titre, plusieurs minutes après avoir « gagné » l’épreuve. Cette fois-ci, elle vise une victoire, sans équivoque ni guillemets.

Ce serait un peu une revanche, oui, indique-t-elle en entrevue à Radio-Canada Sports. J'ai encore en travers de la gorge ce qui s'est passé à Zurich l'année dernière. Je sais que je suis en forme pour lancer la distance victorieuse, et je vais compétitionner avec beaucoup de hargne.

Pour rappel : en Suisse, en août 2025, elle avait enregistré le meilleur lancer de la journée dès sa première tentative, à 20,67 m. Mais un protêt avait été déposé par l’équipe néerlandaise plusieurs minutes après la conclusion de l’épreuve. Il a été déterminé qu’elle avait quitté le cercle de lancer avant que le poids aboutisse au sol, ce qui contrevient au règlement.

Une femme, souriante, lève un bouquet de tournesols et un trophée.

Sarah Mitton avec le prix qu'on lui a plus tard retiré, à Zurich, le 27 août 2025.

Photo : Getty Images / Alexander Hassenstein

On lui a donc retiré les fleurs et le trophée qu’on venait tout juste de lui remettre.

Son lancer le plus loin officiellement enregistré lui a finalement valu une 3e place. Une leçon apprise à la dure, mais une leçon quand même pour la Néo-Écossaise de 30 ans.

J’ai changé d’objectif après mon premier lancer. Au lieu de consolider ma première place, j’ai cherché à battre le record canadien, explique-t-elle. Si j’avais su sur le coup que mon lancer n’était pas valide, j’aurais ajusté ma stratégie. Mais c’est arrivé trop tard.

La leçon retenue, c'est que, même si on dit souvent ‘’il suffit d'un seul lancer pour gagner’’, il en faut parfois deux. Je vise toujours à réaliser deux grandes distances régulières maintenant.

La Canadienne donne aussi en exemple un concours remporté en Oregon, en 2022. Elle avait alors lancé à la même distance, au centimètre près, que sa rivale. Dans pareil cas, c’est la deuxième performance qui détermine le gagnant.

Un apprentissage qu’elle mettra en pratique en arrivant à Bruxelles, dans un stade qui l’a vue triompher en 2022, lors de la finale de la Diamond League.

C’est dans cet état d’esprit qu’elle se présentera en Belgique, et dans une forme encourageante, quelques jours après une 3e place décrochée en Silésie (19,23 m) et une médaille d’or obtenue en Écosse, aux Jeux du Commonwealth (19,88 m).

Sarah peut lancer plus loin que les 19,88 mètres à Glasgow, estime son entraîneur Richard Parkinson. Les lanceurs n’évoluaient pas du tout dans des circonstances idéales, là-bas.

La météo et le terrain jouaient en leur défaveur, dit-il.

J'étais assis en tribune, et mes mains étaient congelées. Je n'ose imaginer ce que les athlètes ont ressenti, dit l'entraîneur. Camryn Rogers (au lancer du marteau) a gagné avec un lancer à 74 mètres, soit cinq ou six mètres en dessous de ses performances habituelles, ce qui vous donne une idée des conditions dans lesquelles ils ont lancé.

Le cercle était situé 30 centimètres plus bas que la zone d'atterrissage. Même si elle a lancé à 19,88 m, nous appelons cela son nouveau ‘‘record personnel en montée’’, ajoute Richard Parkinson. Si cela avait été sur une surface plate, en prenant sa hauteur et son angle habituel et en utilisant cette vitesse, ce jet aurait dû atteindre environ 20,5 m.

C'était une configuration particulière de devoir lancer dans cette pente, mais on ne pouvait rien y faire, mentionne la lanceuse. J'ai plaisanté en disant qu'il n'y aurait jamais d'épreuve de course organisée sur une côte, mais au lancer du poids, on doit composer avec des facteurs externes auxquels les spécialistes du sprint n'ont jamais à penser, par exemple. Ça enseigne la résilience et l'adaptabilité.

Tout de suite après les Jeux du Commonwealth, j'ai lancé 20,65 mètres, juste en dessous de mon record canadien. J'étais ravie. En finale de la Diamond League, je m’attends à voir des lancers au-dessus de 20 mètres, voire au-delà de 21 mètres, prévoit-elle.

Il faudra donc un très bon lancer, pour l’emporter. Ou peut-être même de très bons lancers.

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