Le tennis est l’art de la répétition. Le même enchaînement de gestes et de séquences. Servir, retourner, taper, courir, aller s’asseoir, recommencer. Gagner des points pour gagner des jeux pour gagner des sets pour gagner des matchs pour gagner des titres. Ou perdre. Toujours les mêmes tournois, les mêmes hôtels, les mêmes aéroports, les mêmes affaires dans le même sac, le même calendrier, vacances en novembre, Noël dans l’avion. Ce n’est pas sans raison que l’on appelle ça le circuit. Les jeunes joueurs ne rêvent que d’être happés par le tambour de cette machine infernale, les anciens redoutent le moment où ils seront éjectés de cette vie d’habitudes et de sensations familières. Car ils le savent: les lieux restent, le public reste, les routines restent; eux seuls changent.
Pour Stan Wawrinka, tout s’est arrêté lundi 31 août 2026 à Flushing Meadows, borough du Queens, New York. Heure du décès: 18h52. Vainqueur en trois sets, l’Italien Matteo Berrettini a porté le coup de grâce d’une délicate amortie de revers, peut-être pour que la mort soit plus douce. Après deux tie-breaks, Wawrinka a fini à bout de forces sur un 6-0, ce qui lui fera un point commun avec Federer*. Bien sûr, le Vaudois jouera encore quelques tournois, les Swiss Indoors à Bâle fin octobre, et puis sa soirée d’adieu le 19 décembre à Palexpo, mais pour lui, rien n’était au-dessus des Grands Chelems, où il s’est souvent surpassé. Il en a disputé 78 depuis 2005, pour un total de 234 matchs joués (160 victoires). Il en a surtout remporté un par saison entre 2014 et 2016, par ordre d’apparition: l’Open d’Australie, Roland-Garros (où il fut encore finaliste en 2017) et l’US Open.


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