«Une blanquette. Voilà ce qui me ferait plaisir à midi, aujourd’hui, 7 septembre.» C’est par cette phrase initiale que Philippe Jaenada ouvre son dernier et épais roman, L’Inconnue du quai de Javel. Une entrée en matière qui signe bien le caractère jovial de l’écrivain, toujours à l’affût d’un plaisir gourmand et d’une affaire criminelle (si possible ancienne) à élucider. Pourquoi donc une blanquette de veau malgré la douceur d’une fin d’été? Parce que, dans la nuit du 6 au 7 septembre 1949, le corps d’une jeune femme était découvert le long du quai de Javel, quartier industrieux de Paris aujourd’hui métamorphosé. Et parce que, 76 ans plus tard, Jaenada s’est mis en tête de débusquer le coupable grâce à la complicité du célèbre personnage de Georges Simenon, Jules Maigret, grand amateur de ce mets de brasserie réconfortant.
Depuis la parution de Sulak en 2013, l’auteur dépoussière d’anciens faits divers et, avec une minutie qui n’a d’égal que son goût pour l’autodérision, parvient à élucider de sombres énigmes enfouies dans les archives judiciaires. Ce fut le cas notamment pour La Serpe, enquête autour d’un triple meurtre à la mécanique narrative impeccable (Prix Femina, 2017). C’est encore le cas pour ce dernier opus, L’Inconnue du quai de Javel, sélectionné sur la première liste du Goncourt 2026.


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