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De la Normandie au Brésil : Pesticides interdits en Europe, déversements mortels ailleurs, le scandale Syngenta
Publié le 10.10.2026 à 22h32 – Par Luca Giordano – Temps de lecture 5mn
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Mobilisation mondiale contre un géant des pesticides – FRANCE 24 : A travers une dizaine de pays, des manifestants se sont rassemblés contre Syngenta et les effets néfastes de l’industrie agrochimique à l’échelle internationale.
ALERTE SYNGENTA
Une vague de colère mondiale s’abat sur le géant de l’agrochimie, révélant un réseau de poison qui s’étend des champs français aux eaux suisses, des rizières indonésiennes aux communautés brésiliennes.
Faits précis Selon Reporter. net, des milliers de manifestants ont envahi les abords de l’incinérateur de Saint‑Nicolas‑en‑Normandie le samedi dernier, brandissant pancartes dénonçant la contamination des sols, des eaux et les risques sanitaires liés aux produits chimiques de Syngenta.
Simultanément, à Montreux, au bord du lac Léman, une foule s’est rassemblée devant l’usine du groupe, réclamant la dépollution du lac dont dépend l’eau potable de Lausanne; la ville a d’ores et déjà engagé une procédure judiciaire pour contraindre Syngenta à financer le nettoyage.
En Argentine, une association de riverains lutte contre la triazine, pesticide classé perturbateur endocrinien et banni dans l’UE depuis 2003, qui continue de polluer les champs de maïs et de soja de la province de Buenos Aires, provoquant cancers et malformations congénitales.
En Indonésie, le paraquat, interdit en Europe depuis 2007, est pulvérisé dans les monocultures d’huile de palme, aggravant les risques sanitaires.
Au Pakistan, la même triazine est appliquée sur le maïs et la canne à sucre dans des conditions de travail précaires, exposant les agriculteurs sans protection.
Au Costa Rica, des collectifs demandent l’interdiction du chlorothalonil, fongicide cancérogène probable, qui a souillé les sources d’eau potable locales.
À Hawaï, les essais d’OGM menés par Syngenta sur le maïs et le soja ont entraîné d’importantes pulvérisations de pesticides, exposant les populations à des risques inconnus.
Au Brésil, le meurtre en 2007 de « Keno », leader du mouvement des « centaires », sur le site d’expérimentation d’OGM de Syngenta, a finalement conduit, après 19 ans de bataille judiciaire, à la reconnaissance de la responsabilité de l’entreprise par la justice brésilienne.
Enfin, en 2020, Syngenta a racheté la filiale israélienne Adama Solutions Agricoles, inscrite sur la liste des entreprises de l’ONU opérant dans les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé, élargissant ainsi son empreinte géopolitique.
Contexte Syngenta, initialement société suisse avant son rachat par le conglomérat chinois ChemChina en 2017, incarne le visage d’un « colonialisme chimique » dénoncé par la géographe brésilienne Larissa Mé Bombardi: le groupe exporte vers le Sud des pesticides interdits dans l’Union européenne, comme le paraquat, qui a déjà provoqué des poursuites aux États‑Unis où des agriculteurs ont développé la maladie de Parkinson après son usage.
Ce même modèle d’exportation s’observe aujourd’hui en Argentine, en Indonésie, au Pakistan, au Costa Rica, à Hawaï et au Brésil, où les produits de Syngenta triazine, chlorothalonil, paraquat continuent de polluer les sols, les eaux et de menacer la santé publique, malgré les interdictions européennes. Les accusations d’hypocrisie se multiplient, pointant du doigt non seulement Syngenta, mais aussi d’autres géants tels que BASF, Bayer, Monsanto ou Corteva, qui profitent d’une législation laxiste à l’étranger pour vendre des substances nocives. Les mobilisations simultanées sur plusieurs continents témoignent d’une prise de conscience globale face à un système où la recherche du profit l’emporte sur la protection de l’environnement et des droits humains.
Question La justice et les institutions protégeront‑elles enfin les populations et les écosystèmes, ou continueront‑elles d’attendre le drame pour réagir?
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