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L'association « 40 millions d’automobilistes » a analysé, chiffres à l’appui, l’évolution du parc de radars et son impact réel sur la sécurité routière, de l’installation du premier radar automatique en 2003 à l’explosion du parc, près de 4 700 dispositifs en service en 2025.
O.T. - Aujourd'hui à 06:54 - Temps de lecture :
« Depuis plus de vingt ans, on fait croire aux Français que les radars sauvent des vies. Or les chiffres montrent aujourd’hui une réalité beaucoup plus dérangeante : la mortalité ne baisse plus, malgré un parc radar toujours plus dense. Le système est devenu un modèle économique avant d’être un modèle de sécurité », déclare Pierre Chasseray, Délégué Général de « 40 millions d’automobilistes ».
« 40 millions d’automobilistes » vient d'analyser l’évolution du parc de radars et son impact réel sur la sécurité routière. Et selon l'association de défense des automobilistes, l’enquête met en lumière une réalité souvent occultée :
- la baisse de la mortalité routière observée dans les années 2000 a débuté avant le déploiement massif des radars.
- depuis 2013, malgré la multiplication des dispositifs, la courbe des décès stagne autour de 3 200 morts par an.
Toujours plus de radars, mais...
La réalité est là : l’augmentation continue du nombre de radars ne se traduit pas par une amélioration durable de la sécurité routière. Si la rentabilité du système est incontestable – près de 800 millions d’euros d’amendes forfaitaires, auxquels s’ajoutent environ 300 millions d’euros de majorations – son efficacité sur les causes majeures de mortalité est, elle, largement contestable.
L’association souligne que la politique actuelle reste focalisée sur l’infraction la plus simple à automatiser : le petit excès de vitesse, alors que l’alcool et les stupéfiants sont impliqués dans une part majeure des accidents mortels et les jeunes conducteurs demeurent particulièrement exposés.
« Les automobilistes ne contestent pas la nécessité de sanctionner les comportements dangereux. Ils contestent un système déséquilibré, opaque, et déconnecté des vrais facteurs d’accidents. Continuer dans le tout-radar, c’est refuser de voir l’échec d’une politique arrivée au point mort », ajoute Philippe Nozière, Président de l’association.
Repenser la sécurité routière
À l’issue de cette enquête, « 40 millions d’automobilistes » demande notamment de sortir d’une approche exclusivement répressive centrée sur la vitesse, qui montre désormais ses limites, au profit d’une politique globale s’attaquant aux comportements réellement accidentogènes.
Elle demande également de réorienter une partie significative des recettes issues des radars vers des actions concrètes de prévention, de dépistage et d’éducation routière, mais aussi et surtout de renforcer la lutte contre l’alcool, les stupéfiants, la fatigue et la distraction au volant, en développant des dispositifs de contrôle adaptés, mais aussi des outils d’auto-évaluation et de responsabilisation des conducteurs.


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