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Se garer en ville n'a jamais été aussi complexe. Entre réformes silencieuses, idées reçues tenaces et sanctions en forte hausse, l'automobiliste français navigue souvent à l'aveugle.
Le Progrès - 27 avr. 2026 à 17:04 | mis à jour le 28 avr. 2026 à 06:46 - Temps de lecture :
Entre les règles qui semblent claires et ne le sont pas, celles qui ont changé sans que personne ne le sache, et celles qu'on contourne par habitude, l'automobiliste français avance souvent à l'aveugle. Parclick, plateforme leader de la réservation de stationnement en Europe, a analysé des millions de réservations effectuées en 2025 pour mieux comprendre les comportements, et identifier les zones où l'ignorance coûte cher.
Places « familles » et « femmes enceintes » : aucune sanction pénale
Les emplacements réservés aux femmes enceintes, familles nombreuses ou parents avec poussettes n'ont aucun fondement dans le Code de la route. Présents sur les parkings privés de supermarchés et centres commerciaux, ils relèvent du seul règlement intérieur du gestionnaire. En théorie, s'y garer sans justification expose à une amende contractuelle ou un enlèvement du véhicule, mais aucune contravention d'État ne peut être dressée.
Le FPS a remplacé l'amende à 17€
Depuis le 1er janvier 2018, le Forfait Post-Stationnement a remplacé l'amende forfaitaire nationale de 17€. Désormais, chaque commune fixe librement son tarif. À Paris c'est 75€ en zone centrale (1er au 11ème arrondissements), 50€ en périphérie, et jusqu'à 225€ pour les SUV. Non payé sous trois mois, le FPS est majoré de 20% avec un minimum de 50€ supplémentaires.
Places PMR : la seule catégorie à sanction pénale immédiate
Les emplacements réservés aux personnes à mobilité réduite sont expressément protégés par le Code de la route. Garer son véhicule sur une place PMR sans la Carte Mobilité Inclusion mention « stationnement », c'est s'exposer à 135€ d'amende forfaitaire (soit une contravention de 4ème classe) et à une éventuelle mise en fourrière. À l'inverse, les titulaires de cette carte bénéficient de la gratuité généralisée, y compris sur les places payantes de droit commun.
La règle des 5 mètres avant les passages piétons
La loi d'orientation des mobilités de 2019, précisée par décret en novembre 2022, impose la suppression de tout emplacement situé à moins de 5 mètres en amont d'un passage piéton. Les communes ont jusqu'au 31 décembre 2026 pour s'y conformer.
À Lyon, jusqu'à 3 300 places pourraient disparaître. Dans les centres-villes déjà sous pression, cette contraction progressive de l'offre en voirie devrait logiquement renforcer la demande pour les parkings couverts, et rendre l'anticipation encore plus déterminante pour les automobilistes.
La double file : toujours interdite, feux de détresse ou non
Les feux de détresse ne constituent pas un permis d'arrêt. La double file reste systématiquement interdite, y compris pour quelques secondes, y compris devant une boulangerie. Cette contravention de 2ème classe conduit à une mise en fourrière possible en cas de gêne caractérisée.
Une infraction en apparence anodine, mais qui peut rapidement dégénérer : en cas de gêne caractérisée, la mise en fourrière s'ajoute à l'amende, et le conducteur en supporte seul les frais.
Stationnement abusif : une place gratuite peut coûter plus de 200€
C'est peut-être la règle la plus contre-intuitive. L'article R417-12 du Code de la route qualifie de stationnement abusif tout stationnement ininterrompu en un même point au-delà du délai fixé par la commune : 24 heures à Marseille, 6 heures pour les visiteurs à Paris, 7 jours en règle générale.
L'infraction expose à 35€ d'amende (majorée à 75€) et, en l'absence du conducteur, à une mise en fourrière dont le coût peut dépasser 180€.


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