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Quand en 1986, Bob Lutz arrive à la tête du groupe Chrysler, l’entreprise est provisoirement sauvée. Après une première partie de décennie très compliquée, Chrysler envisage l’avenir plus sereinement suite au redressement du groupe par Lee Iacocca.
Mais si le groupe est sauvé, les produits ne font plus rêver. Chrysler et Dodge ont besoin d’un électrochoc. Bob Lutz commande une étude.
Sur l’année qui vient de s’écouler, les articles de presse évoquant Chrysler et Dodge sont majoritairement négatifs. La presse n’aime plus les voitures américaines, les automobilistes non plus, il faut frapper un grand coup.
Une Cobra moderne
Bob Lutz, suggère alors à Tom Gale, responsable des studios “Advanced Design Studios” de Chrysler, de plancher sur une Cobra moderne. Le modèle, emblématique pour les américains, évoque puissance, performances et plaisir de conduite.
Tout ce dont le groupe a besoin pour rajeunir son image. Une maquette en argile est créée et un prototype est assemblé et exposé au Salon de Détroit 1989. Mais la présentation de la Viper va susciter une vague de réactions inespérée.
Le monde entier réclame cette Viper. Dodge n’est pas une marque sportive, mais peu importe le blason, les acheteurs veulent une Viper ? Bob Lutz, pragmatique, va la mettre au catalogue !
Un pari dingue
On charge alors l’ingénieur Roy Sjoberg de faire de ce concept-car de salon une voiture industrialisable. Les designers ont eu carte blanche pour créer la voiture la plus spectaculaire possible mais maintenant il faut la produire.
Par exemple, aucun toit n’est prévu. Il faudra moins de trois ans à l’équipe pour transformer l’essai. On dépêche des ingénieurs de Lamborghini, et on crée une équipe d’artisans capables d’assembler cette voiture pas comme les autres. La Viper sera assemblée à la main par les meilleurs ouvriers de l’usine.
Des techniques inédites
Qui dit voiture exceptionnelle, dit techniques à part. Le châssis en acier tubulaire préformé accueille une poutre centrale et des supports latéraux destinés à faciliter le montage des éléments de carrosserie.
Oubliez l’électronique et les aides à la conduite. La Viper c’est du violent. Pas d’ABS, ni d’antipatinage ou de contrôle de trajectoire.
Là aussi la Viper souhaite s’approcher au maximum des sensations d’une Cobra. Mais le plus étonnant est sous le capot.
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Un moteur de camion
On aurait pu s’attendre à un bon gros V8, comme sur la plupart des sportives américaines, mais une fois encore, la Viper doit surprendre.
On lui greffe un V10 de 8 litres de cylindrée de 400 chevaux. Il offre un couple phénoménal pour l’époque de 618 Nm à 3600 tr/mn.
Ce moteur est en fait un bloc de camion Dodge. Revu par Lamborghini, il permet à la Viper d’effectuer le 0 à 100 km/h en seulement 4,5 secondes. Cette fois, la Viper est prête à conquérir le marché.
Un look inimitable
A son lancement, les listes d’attente sont pleines. La Viper ne ressemble à rien d’autre sur le marché. Son capot interminable impressionne, son petit pare-brise intrigue et ses pots d’échappements latéraux rappellent la mythique Cobra.
Son look est bestial, et l’équipe de conception a réussi le pari : conserver le design du concept car pour la route. La Viper roadster RT/10 enfonce le clou avec un tarif de seulement 55 630 dollars. Elle se permet le luxe d’être moins chère qu’une Corvette ZR-1.
Viper GTS une vraie sportive
Pour enfoncer le clou, on décide alors de créer l’arme ultime, une version plus rigide, plus sportive et capable de rivaliser avec les meilleures. Le coupé GTS est doté d’un toit à double bossage, pour permettre au pilote de porter un casque.
Quatre ans après la première Viper, la GTS a de l’ambition et porte fièrement les couleurs de la course avec ses bandes sur le capot. La puissance grimpe à 450 ch, et la vitesse de pointe dépasse les 300 km/h.
L’argument des commerciaux est simple : “Une Ferrari pour la moitié de son prix”. Proposée à seulement 66 000 dollars la GTS.
Une voiture inoubliable
La Viper va alors régner sur tous les circuits du monde avec notamment des versions compétition développées par Oreca en France pour l’écurie d’usine.
Du Mans à Daytona, en passant par Spa, la Viper s’impose partout, renforçant encore la filiation voulue avec la Cobra. Après une seconde génération, la Viper s’éteint en 2017 après 25 ans et plus de 31 000 exemplaires fabriqués.
Elle reste une exception dans une industrie automobile généraliste de plus en plus frileuse et aseptisée.
Fiche technique Dodge Viper RT/10
Énergie : Essence
Moteur : V10 à 90°
Position du moteur : central avant
Cylindrée : 7 990 cm3
Puissance maximale : 364 ch DIN
Couple maximal : 611 Nm
Boîte de vitesses : Manuelle à 6 vitesses
Poids à vide : 1 490 kg
Vitesse maximale : 265 km/h
Accélération : 0 à 100 km/h en 5,1 s
Longueur 4,45 mm
Largeur 1,92 mm
Hauteur 1,12 mm
Empattement 2,44 mm


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