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Sur la grille de départ de ce 54ème Grand Prix de Monaco, Olivier Panis n'occupe que la septième ligne, à la quatorzième position. Une position qui ne reflète pas son vrai niveau sur ce circuit, pense-t-il alors.
Un moteur cassé pendant les essais lui a fait perdre du temps mais il méritait mieux. La preuve ? Il vient de faire le meilleur temps du warm-up ce dimanche matin. En partant à cette position, sous la pluie, les chances de victoires sont nulles.
Pourtant, sur la grille de départ, Olivier paraît très optimiste. Au point de confier à sa femme “Je pense que je vais gagner”.
Un bon départ
A l’extinction des feux rouges, la pluie oblige les pilotes à bondir dans une visibilité toute relative. Devant Panis, trois voitures ne finissent pas le premier tour. Verstappen sur sa Footwork à Sainte Dévote, Barrichello sur sa Jordan-Peugeot et Schumacher sur sa Ferrari, pourtant parti de la pole position.
Panis, lui, remonte dans le peloton et parvient à doubler quelques concurrents. Une belle entame de course, pourtant réalisée avec une Ligier pleine jusqu’au goulot d’essence.
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Le plein s’il vous plaît !
Et pour cause, Panis et Ligier ont fait le pari de partir avec un maximum d’essence possible, pour faire toute la distance du grand prix !
Une stratégie impossible en temps normal. Mais les ingénieurs de Ligier ont trouvé une faille. La météo prévoit 28 tours réalisés sous la pluie.
Dans ces conditions, la voiture consomme moins, surtout à Monaco où une partie du circuit est parcourue à faible vitesse.
Cette stratégie va permettre à Panis de ne s’arrêter qu’une fois en changeant uniquement les pneus. Les mécaniciens de Ligier réalisent un arrêt éclair, encore des places de gagnées.
L’accrochage
Après son arrêt, Panis ressort motivé comme jamais. Il peut déjà entrevoir un joli coup et inscrire des points au championnat. Mais le pilote français bute sur Irvine et sa Ferrari. Non seulement l’Irlandais dispose d’une bonne voiture mais il est précédé d’une réputation justifiée de pilote impossible à doubler.
Au virage du Loews, Panis tente l’attaque kamikaze. Il fait l’intérieur de la Ferrari, qui reste sur le carreau. Panis tient son podium, mais la course est encore longue.
A l’intérieur de la Ligier, Olivier Panis a un moment de doute. Si son aileron avant ou un pneu est endommagé dans la manœuvre, ce sera la fin. Miraculeusement la Ligier résiste à l’accrochage. Mais Olivier n’est pas au bout de ses peines.
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Le chat noir d’Alesi
En tête de la course, se joue un autre exploit. Jean Alesi occupe la première place et fait virevolter sa Benetton avec maestria entre les rails de Monaco.
L’avignonnais excelle sur le circuit Monégasque et alors que la course entre dans son dernier tiers, on se dirige vers une victoire certaine d’Alesi et même un doublé français avec la seconde place de Panis.
Les tribunes de Monaco sont debout, mais Jean Alesi entre aux stands ! La suspension de la Benetton d’Alesi est cassée, c’est l’abandon. A t-il tapé le mur ? On ne le saura jamais.
Olivier Panis se retrouve en tête du Grand Prix de Monaco, après être parti quatorzième. Mais un gros problème va se poser. Dans le stand Ligier, les mines sont fermées, l’inquiétude se lit sur les visages.
Panis sur la réserve
Le rythme de course, le retour à une piste sèche, et les multiples événements de course ont eu raison des calculs de consommation. Dans le stand Ligier, les ingénieurs multiplient les calculs de consommation et ils sont formels : Panis doit s’arrêter pour refaire le plein.
Mais le pilote français, en tête, refuse obstinément de rentrer aux stands. Il ne répond plus à la radio, se contentant de demander à ses ingénieurs de calculer combien d’essence il doit utiliser par tour pour voir l’arrivée.
Un point de règlement indique que la course ne peut excéder deux heures, et il reste un bon quart d’heure à tourner en rond dans Monaco, avec David Coulthard sur sa McLaren qui revient fort derrière.
A la goutte près
Tour après tour, Panis pratique… l’éco-conduite et économise le maximum d’essence. En ligne droite, il lève le pied. En virages, il anticipe. Quand Coulthard se rapproche d’un peu trop près, il réaccélère pour augmenter l’écart.
Au terme de deux heures de course, Panis est fatigué, et ne comprend plus très bien ce qui se passe, quand il voit enfin le drapeau à damiers s’agiter à son passage.
Il vient de remporter sa première course en F1 et c’est la plus prestigieuse. Chez les bleus c’est l’euphorie. Tout le monde est profondément ému par cette victoire française.
Il faut un smoking
Sur le podium, le Prince Albert de Monaco glisse à l’oreille d’Olivier qu’il l’attend le soir même pour le dîner de gala. C’est une tradition, le vainqueur est invité le soir du grand prix. Panis, un peu gêné, explique alors au Prince qu’il n’a pas de costume et encore moins de smoking.
Le Prince Albert se charge alors lui-même de faire rouvrir le dimanche soir une boutique de Monaco. Au pied du podium, les mécaniciens tentent de faire redémarrer la Ligier, impossible. Il ne restait plus une goutte d’essence.
Honda et Panis, un lien indéfectible
Trente ans plus tard, cette victoire reste dans toutes les mémoires et a forgé des liens indéfectibles entre le pilote et la famille Honda.
Petit retour en arrière, en 1973, Hirotoshi Honda, fils de Soichiro Honda (fondateur de Honda) crée sa propre entité : Mugen. Une entreprise longtemps spécialisée dans la préparation des voitures Honda, qu'il s'agisse de modèles destinés à la commercialisation ou à l'engagement en compétition.
Une mission qui va mener Mugen jusqu’en F1. En 1996, la Ligier est en effet motorisée par un bloc Mugen-Honda.
Trente ans plus tard, le 4 juin 2026, Aurélie Litzler, ex attachée de presse Honda France a convié Olivier Panis, Hirotoshi Honda venu en famille et accompagné de son ami Yoshi Ebihara, Bernard Asset photographe historique de la F1, et quelques invités triés sur le volet pour commémorer cette victoire historique.


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