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La dernière étude de l'assurance auto Leocare révèle un paradoxe chiffré étonnant : si la distance moyenne des sinistres survenant loin du domicile s'allonge pour atteindre 298 km (+31 %), la facture moyenne des dommages, elle, recule de 11 % !
O.T. - Hier à 17:00 - Temps de lecture :
Lorsqu'un sinistre survient loin du domicile, il se produit en moyenne à 298 km l'été, contre 228 km le reste de l'année. Cette augmentation de 31 % de la distance moyenne confirme les grands déplacements estivaux des Français vers leurs lieux de villégiature.
Pourtant, contre toute attente, la note globale s'avère moins douloureuse. Le coût moyen d'un sinistre hors ville de déclaration s'établit à 2 499,92 € l'été, contre 2 819,75 € le reste de l'année, soit une baisse de 11 %. Ce phénomène s'explique par une baisse significative des accidents les plus lourds durant l'été.
Le mythe de « l'accident du bout du monde »
Les vacances ne déplacent pas les accidents à l'autre bout de la France. 67 % des accidents de l'été ont lieu dans le même code postal que le contrat d'assurance. À l'inverse, les sinistres survenant hors du code postal d'origine ne représentent que 33 % des cas l'été. L'accidentologie reste donc, avant tout locale !
Manoeuvres ratées : les petits accrochages de l'été
« L'analyse détaillée des coûts par nature de sinistre montre que les dommages causés par les conducteurs à leur propre véhicule figurent parmi les sinistres les plus coûteux de l'été, particulièrement lors des stationnements et des manoeuvres dans des environnements peu familiers » explique Christophe Dandois, cofondateur de Leocare.
Les dommages matériels causés par l'assuré lui-même sont le deuxième poste le plus coûteux de l'été, avec un coût moyen de 6 375 €. Ce chiffre témoigne de la multiplication des accrochages sur les parkings de plage saturés, des collisions avec des bornes ou des murets de villages étroits, ou encore des erreurs de jugement du gabarit avec un véhicule inhabituellement chargé (coffres de toit, porte-vélos, etc.).
« Pour éviter le piège des manoeuvres estivales, nous conseillons d'abord d'anticiper les nouveaux gabarits, car l'ajout d'un coffre de toit ou de vélos modifie complètement la perception des obstacles. Surtout, il ne faut pas négliger les dernières minutes du trajet car c'est souvent à l'arrivée, sous le coup de la fatigue du voyage, que l'on commet l'accrochage bête sur un parking de plage ou dans une ruelle étroite ».
Bouches-du-Rhône et le Sud-Ouest les plus dangereux
L'analyse géographique permet de dresser une cartographie précise de la sinistralité des Français, basée sur l'étude de 10 000 sinistres. Au niveau départemental, la hiérarchie reste quasi figée toute l'année, collant logiquement aux zones les plus denses. Les Bouches-du-Rhône (Marseille) dominent largement les deux saisons, suivies de près par l'Île-de-France et les grandes métropoles régionales.
L'effet des départs en vacances se lit surtout dans le classement des villes où surviennent les sinistres loin du domicile : Bordeaux y devient la première ville l'été, alors qu'elle n'arrive qu'en sixième position le reste de l'année, et les communes du littoral comme Nice y figurent en bonne place.
Cette progression de Bordeaux l'été illustre le déplacement des flux de circulation vers les destinations touristiques et les zones de loisirs. Pour autant, aucune région ne devient significativement plus accidentogène en été. Contrairement aux idées reçues, la sinistralité estivale n'est pas plus élevée qu'aux autres saisons : on observe même une légère baisse d'environ 6 % du nombre mensuel d'accidents par rapport au reste de l'année.


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