La marque Omoda & Jaecoo n’existait pas en France avant début avril. Mais pour son premier mois de commercialisation, le constructeur chinois issu du groupe Chery a immatriculé 1000 voitures et a pris 1800 commandes. C’est tout simplement du jamais vu pour une nouvelle marque en France. Pour comprendre les clés de ce succès, et deviner l’avenir du groupe Chery en France, nous avons interviewé Lionel French Keogh, le patron de la marque en France.

Nicolas Laperruque - 20 mai 2026 à 17:00 - Temps de lecture :

  • Le premier mois de Jaecoo en France est un véritable carton. Photo Omoda Jaecoo
    Le premier mois de Jaecoo en France est un véritable carton. Photo Omoda Jaecoo
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  • Les produits Omoda Jaecoo visent les générealistes européens et asiatiques. Photo Omoda Jaecoo
    Les produits Omoda Jaecoo visent les générealistes européens et asiatiques. Photo Omoda Jaecoo
  • La prochaine citadine Chery sera conçue en France. Photo Omoda Jaecoo

    La prochaine citadine Chery sera conçue en France. Photo Omoda Jaecoo

  • Le groupe Chery s'installe en France. Photo Omoda Jaecoo

    Le groupe Chery s'installe en France. Photo Omoda Jaecoo

  • Chery souhaite s'implanter durablement en France. Photo Omoda Jaecoo

    Chery souhaite s'implanter durablement en France. Photo Omoda Jaecoo

Lionel French Keogh prend les reines du groupe Chery en France. Photo Omoda Jaecoo

Lionel French Keogh prend les reines du groupe Chery en France. Photo Omoda Jaecoo

Lionel French Keogh incarne à lui tout seul la stratégie des chinois en Europe : s’entourer de professionnels expérimentés, accomplis, et souvent débauchés chez les concurrents. Si BYD France a fait son marché chez Volkswagen, chez Chery le nouveau patron vient de chez Hyundai après un parcours chez plusieurs constructeurs, de Rover à Nissan.

Un nouveau patron qui pourrait fanfaronner après le premier mois record de la marque Omoda & Jaecoo en France, mais ce n’est pas le genre de la maison. L’approche de Chery est déterminée mais humble.

Omoda & Jaecoo vient de réaliser un premier mois impressionnant en France avec 1000 immatriculations, quel est le secret ?

« On a tout fait pour s’assurer un bon démarrage de l'activité. La structure Omoda & Jaecoo elle a été créée il y a un an, très en amont du lancement commercial prévu en avril 2026. Nous avons eu le temps de constituer les équipes, préparer le lancement et surtout, constituer le réseau. C’est un des éléments qui nous distingue de beaucoup de nos concurrents. Début avril, jour du lancement, nous avions déjà 70 points de vente en France. Au siège, on avait recruté 50 personnes avant de vendre la première voiture. Le marché français est très exigeant, sûrement le plus exigeant d’Europe et nous devions avoir la bonne écoute du client, mais aussi du réseau. Si on fait des promesses à nos concessionnaires il faut les tenir. On a installé un centre de stockage de pièces en France, c’est important quand on achète une voiture neuve d'une marque qui vient de s'implanter. Ensuite, on garantit nos voitures sept ans, pour démontrer notre confiance dans la voiture. »

Quelles sont vos ambitions sur le marché français ?

« Nous avons de grosses ambitions pour cette première année, c'est-à-dire 15 000 voitures, sachant qu’on a commencé en avril. Le premier mois s’est très bien passé. Nous avons immatriculé 1000 voitures et pris 1800 commandes. Nos concessionnaires ont eu un flux de clients continu, venus découvrir la marque. Donc c’est vraiment encourageant mais il faut garder la tête froide. L’enjeu pour nous, est de s’installer de manière pérenne sur le marché, que nos concessionnaires gagnent leur vie et que les clients soient satisfaits. »

Les premiers clients Omoda & Jaecoo sont des explorateurs ?

« Les premiers clients d’une nouvelle marque qui s’implante en France sont des aventuriers oui. Mais ils ont compris qu’on était là durablement, qu’on faisait partie d’un groupe énorme, et qu’on était vraiment au tout début de notre présence. Un des objectifs partagés avec nos concessionnaires est de répondre à toute demande client sous 24H. Les premiers clients sont aussi les premiers ambassadeurs de la marque. Ils sont capables d'évangéliser leur famille, leurs voisins, en disant : “Je suis plus malin que toi, j’ai acheté une super voiture et elle est plus abordable que la tienne. »

Comment voyez-vous l’année qui arrive ?

« On va entrer dans un cycle produit très riche avec Omoda 7 qui arrive cet été, puis Omoda 4 et 5 qui arrivent à la rentrée. Cela va nous permettre d’entretenir la dynamique, de recruter des vendeurs dans les concessions, de continuer le développement commercial. Ensuite, septembre, octobre, sont toujours des gros mois d'activité dans l'automobile, avec le Mondial notamment. »

On parle de l’arrivée d’une nouvelle marque ?

« Oui, on va lancer la marque Chery à la fin de l’année. Chaque marque aura son organisation de vente, son réseau,  ses objectifs commerciaux, ses budgets, son marketing. Si je devais comparer le positionnement de Chery à un autre groupe, Chery ce serait notre Dacia. Chery sera la marque pragmatique, destinée au client qui a besoin d’une voiture au quotidien, mais n’a pas envie de mettre un euro de trop dans sa voiture. Le client qui veut de la sécurité, de la fiabilité mais avec un achat intelligent. Omoda & Jaecoo a un positionnement plus émotionnel en termes de design. Le contenu est plus riche avec des gros écrans par exemple. Omoda & Jaecoo vise les constructeurs français, japonais, coréens. Chery vise Dacia. »

Qu’est-ce qui vous différencie des autres constructeurs chinois ?

« Au-delà de ce que j'évoquais précédemment, nous avons construit notre réseau en faisant appel à des héros locaux. Des investisseurs qui ont une vraie performance au niveau local, une proximité avec la ville, et la confiance de la clientèle. Nous avons également un centre de stockage de pièces pour la France. Enfin nous allons démontrer que la France est un marché important en créant un centre de recherche et développement basé en France, à Paris et qui va travailler sur le développement d’une citadine pour le marché français et européen. On a la certitude que le meilleur marché pour apprendre de ce type de produits, c’est la France.

Enfin, on se différencie de nos concurrents avec notre technologie. Nous sommes arrivés sur le marché avec de l’hybride. Notre approche du marché, c’est “j’écoute et je donne au marché ce qu’il veut”’. Et le marché français, pour l'instant, ce qu'il veut c’est de l’hybride. L’électrique progresse vite mais le gros du gâteau, c’est le full hybride. Le groupe Chery s’est forgé sur l’export, depuis 23 ans. Nous sommes le premier exportateur chinois devant BYD, MG ou SAIC. On sait comment arriver sur un marché et avoir du succès.

En Espagne on est passé de 0 à 14 000 voitures, en Angleterre on est passé de 0 à 50 000 l’an dernier. C’est la démonstration que l’approche du groupe est bonne. Je rappelle qu’on va produire en Europe, parce qu’on a racheté l’usine Nissan à Barcelone. Ces voitures seront produites en Europe et vendues chez nous. Pour terminer, je dirais que notre positionnement est bon, avec de super voitures, très qualitatives, avec la bonne technologie et un positionnement très compétitif. »

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