En octobre 2023, Stellantis est devenu le principal actionnaire de Leapmotor, un constructeur automobile chinois, en acquérant environ 21 % du capital. Aujourd’hui Stellantis et Leapmotor annoncent renforcer leur partenariat. Parmi les projets communs, Stellantis annonce confier la réalisation et la production du prochain SUV Opel à son partenaire chinois. Opel est-il encore un constructeur allemand ?

Nicolas Laperruque - Aujourd'hui à 17:00 - Temps de lecture :

  • En octobre 2023, à la surprise générale, Stellantis, alors dirigé par Carlos Tavares, devenait le principal actionnaire de Leapmotor en acquérant environ 21 % du capital.Photo Adobe Stock

    En octobre 2023, à la surprise générale, Stellantis, alors dirigé par Carlos Tavares, devenait le principal actionnaire de Leapmotor en acquérant environ 21 % du capital.

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  • Dans le même temps, Leapmotor International (« LPMI ») été créée sous forme de coentreprise détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Leapmotor, disposant des droits exclusifs pour la commercialisation et la production des produits Leapmotor hors Chine continentale. En clair, Stellantis allait distribuer les produits du constructeur chinois, notamment en Europe.Photo Adobe Stock

    Dans le même temps, Leapmotor International (« LPMI ») été créée sous forme de coentreprise détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Leapmotor, disposant des droits exclusifs pour la commercialisation et la production des produits Leapmotor hors Chine continentale. En clair, Stellantis allait distribuer les produits du constructeur chinois, notamment en Europe.

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En octobre 2023, à la surprise générale, Stellantis, alors dirigé par Carlos Tavares, devenait le principal actionnaire de Leapmotor en acquérant environ 21 % du capital.

Dans le même temps, Leapmotor International (« LPMI ») été créée sous forme de coentreprise détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Leapmotor, disposant des droits exclusifs pour la commercialisation et la production des produits Leapmotor hors Chine continentale. En clair, Stellantis allait distribuer les produits du constructeur chinois, notamment en Europe.

Stellantis vend des chinoises

Après 18 mois, les résultats de cette collaboration ont permis de vendre plus de 40 000 Leapmotor chinoises en Europe, avec 850 points de vente et grâce au lancement des modèles T03 et C10. Des résultats dont Stellantis semble très fier mais qui sont loin, très loin, des performances de ses concurrents chinois sur la même période. Par comparaison, BYD a immatriculé 187 657 véhicules neufs en Europe l’an dernier. Sur la même période, le groupe Chery, qui vient tout juste d’arriver en France, a déjà vendu 120 147 voitures sur le vieux continent.

Un partenariat renforcé

Des débuts timides qui n’empêchent pas Leapmotor et Stellantis de renforcer leur partenariat stratégique. Celui-ci vise notamment à accroître la production de voitures Leapmotor sur le site Stellantis de Saragosse, site historique d’Opel. Les deux constructeurs vont également regrouper leurs achats afin d’augmenter leur compétitivité, et enfin accélérer le développement de nouveaux modèles. Mais une autre annonce du groupe fait beaucoup réagir, chez nos voisins germaniques..

Des chinoises badgées Opel

Stellantis annonce en effet que le prochain C-SUV électrique de la marque Opel sera produit sur une nouvelle ligne, aux côtés du modèle C-SUV B10 de Leapmotor pour “bénéficier de composants issus de l’écosystème LPMI, afin de rendre son prix plus accessible”. Ce nouveau SUV, qui serait produit à partir de 2028, reposerait donc sur une plateforme, une technologie et un savoir chinois. En clair, la prochaine Opel ne sera pas développée par les ingénieurs maison de Rüsselsheim. Ils ne reposera pas non plus sur une plateforme Stellantis mais sera une Leapmotor rebadgée.

Antonio Filosa, CEO de Stellantis, précise: « Ce projet d’élargissement de notre partenariat avec Leapmotor – un partenaire de confiance et l’un des constructeurs de véhicules à énergie nouvelle les plus dynamiques et respectés au niveau mondial – constitue une véritable initiative gagnant-gagnant. Il devrait soutenir la production et favoriser la localisation en Europe d’une fabrication de véhicules électriques de tout premier plan, à un prix abordable pour répondre aux attentes concrètes des clients. Cette annonce traduit notre volonté de renforcer ce partenariat et de franchir une nouvelle étape vers encore plus de collaborations fructueuses à l’avenir. »

Zhu Jiangming, fondateur et CEO de Leapmotor, a déclaré : « Les technologies de pointe de Leapmotor, associées à la présence mondiale de Stellantis, à son ancrage régional et à la force de ses marques, font de ce partenariat une alliance particulièrement puissante. Notre coentreprise Leapmotor International a rapidement démontré ses bénéfices pour les deux partenaires et, en moins de trois ans, nous a permis d’implanter notre marque sur cinq continents et d’accroître fortement notre présence et notre notoriété à l’international. »

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Opel va t-il devenir chinois ?

L’opération est présentée comme une opportunité de réduire les coûts et de continuer à faire tourner l’usine espagnole du groupe, en Allemagne. Chez Opel, on insiste beaucoup sur le fait que cette Opel ne sera pas qu’une chinoise rebadgée. Il y a quelques jours, Florian Huetti, PDG d’Opel se défendait contre cette idée, en déclarant à la presse germanique : “La nouvelle Opel n'est pas un simple modèle Leapmotor rebadgé. Nous développons un modèle entièrement nouveau et indépendant. Des composants des deux partenaires seront utilisés, notamment en matière de châssis, direction, sièges, éclairage, design, commandes, habitacle et confort.” Mais cette annonce tombe pourtant au pire moment.

650 postes supprimés chez Opel

Ce qui fait dire aux Allemands que Stellantis est en train de brader Opel, repose sur des éléments très concrets. D’un côté le groupe Stellantis s’est lancé dans un vaste plan de recrutements d’ingénieurs en Europe et aux Etats-Unis, mais Opel vient d’annoncer la suppression de 650 postes sur son site historique de Rüsselsheim.

Au moment où Stellantis annonce que le prochain SUV Opel sera développé par Leapmotor, 40% des effectifs d’Opel sont supprimés à Rüsselsheim. En 2017, au moment du rachat d’Opel par Peugeot, la marque comptait 7700 ingénieurs. Aujourd’hui Stellantis annonce souhaiter en conserver un petit millier.

Le centre de développement de la marque allemande sera transformé en « Tech Center ». C’est à dire que les ingénieurs d’Opel “conservent un rôle dans le développement des modèles Opel” mais seront aussi affectés à d’autres tâches pour le groupe Stellantis, comme les systèmes d’aides à la conduite, l’IA, les logiciels, etc. En clair, le développement des futures Opel ne sera plus une priorité.

Quel avenir pour Opel ?

Si la suppression des postes d’ingénieurs et le partenariat chinois n’ont officiellement aucun lien, il faut admettre que le timing est pour le moins malheureux. Stellantis présentera son plan stratégique lors de son Investor Day, le 21 mai prochain. La rumeur dit qu’Antonio Filosa pourrait concentrer ses efforts sur quatre marques dans le groupe : FIAT, Peugeot, RAM et Jeep. Sans investissements, sans ingénieurs, sur un marché compliqué, difficile de ne pas voir l’avenir d’Opel autrement que comme un logo appliqué sur des voitures chinoises.

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