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La Citroën Saxo n’est pas née pour faire du bruit ou faire retourner les têtes. Lors de son apparition en 1996, la Saxo a une mission simple : succéder à l’AX, tenir son rang dans la jungle des citadines et le faire avec un minimum de moyens.
Dix ans plus tôt, l’AX était révolutionnaire. Légère, conçue entièrement par ordinateur, elle utilise des matériaux composites et une gamme de moteurs modernes. Une décennie est passée et PSA (Peugeot Société Anonyme, nom du groupe) n’a aucune intention de donner la priorité à Citroën.
Dépenser le moins possible
L’objectif est clair : dépenser le moins possible. La Saxo ne doit rien coûter ou presque. La solution existe déjà dans les tiroirs du groupe PSA : la Peugeot 106. On ne se contente pas de partager la plateforme. La Saxo reprend tout, le châssis, la mécanique mais aussi la carrosserie.
Seules modifications, l’avant et l’arrière du véhicule, et un tableau de bord modifié. En replâtrant la 106, Citroen parvient à se démarquer un peu de sa cousine sans pour autant lui offrir la moindre personnalité. Donato Coco, le designer, ne fera pas de miracle.
Une bonne base
A défaut de passionner les foules, cette Saxo dispose d’une base saine, légère, économique et facile à vivre. Dès le mois de mai 1996, la marque aux chevrons décline la Saxo dans une version VTR équipée du 1.6 8S de 90 ch.
Une voiture plus vive, plus dynamique, à défaut de pouvoir vraiment prétendre au rang de sportive. La même année, Citroën lance la Saxo VTS 16 soupapes, celle qui doit perpétuer l’identité de l’AX GTi.
Propulsée par le bloc TU5J4 1,6 litre à 16 soupapes fort de 120 ch, pour un poids de seulement 935 kg, elle peut enfin prétendre au statut de sportive.
Une vraie sportive
En plus de son rapport poids/puissance offrant des performances élevées, cette «bombinette » propose alors un châssis très efficace et équilibré la rendant à la fois ludique et facile à exploiter. La Saxo VTS cache bien son jeu.
Avec une ligne qui reste globalement sobre : badge 16V sur les ailes arrière, embout d'échappement chromé, jantes alliage spécifiques, elle n'affiche pas ses ambitions à grands cris. Et pourtant, sous le capot, le bloc TU5J4 développe 120 ch à 6 600 tr/min, pour un régime maxi de 7 300 tr/min.
Associé à une boîte à 5 vitesses avec un rapport de pont plus court et à un poids de 935 kg à peine, il propulse la VTS à 205 km/h en vitesse maximale et lui permet de descendre sous les 30 secondes au kilomètre départ arrêté.
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Un châssis efficace
Mais c'est surtout son châssis qui fait toute la différence : train avant d'une précision chirurgicale, direction assistée bien dosée, et un train arrière joueur qui n'hésite pas à se laisser aller dès qu'on provoque la voiture.
Sur les routes sinueuses, la Saxo VTS tient tête à des automobiles bien plus grosses et bien plus puissantes qu'elle. Les disques ventilés à l’avant complètent ce tableau d'une petite sportive pensée pour un vrai plaisir.
Le coup de crayon de Vidal
Si les lignes générales de la Saxo sont l'œuvre du styliste italien Donato Coco, c'est un tout jeune designer qui se voit confier la déclinaison sportive. C’est Gilles Vidal, qui deviendra la star du design chez Peugeot, qui hérite de la mission : élaborer un kit carrosserie à la VTS pour lui donner un maximum de personnalité.
Un travail minutieux, caractérisé par des élargisseurs d'ailes soigneusement intégrés aux bas de caisse comme aux boucliers élargis. Aux ailes arrière, l'extension se prolonge en amont de la roue jusqu'à la découpe de portière, glissant élégamment sous la baguette de protection latérale.
Une carrière en compétition
Efficace mais accessible, la Saxo VTS va vite séduire les pilotes de rallye, rallycross, circuit ou glace. La petite Citroën se révèle être un outil redoutablement efficace. Citroën Sport construit autour d'elle un véritable écosystème de compétition : Saxo Cup, Saxo Challenge, Saxo Rallycross, Saxo Glace, chacune avec ses règles propres, pour que le plus grand nombre puisse s'initier à la course dans une auto taillée pour ça.
Fait remarquable : ces formules imposent le moteur de série, preuve que le châssis de la Saxo VTS était, en lui-même, une arme suffisante. En 2001, c’est sur une Saxo Super 1600 que Sébastien Loeb et Daniel Elena deviennent champions du monde junior WRC.
Enfin en collection
Alors que les VTS sont toujours présentes sur les listes d’engagés des rallyes régionaux, les premiers exemplaires entrent cette année dans leur trentième année.
Un âge synonyme de collection pour un modèle qui a su, à sa manière, défendre l'esprit de la marque. Née avec peu de moyens, négligée par les comptables, la Saxo prend sa revanche sur les podiums de rallye ou de circuit. Une belle revanche !


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