NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Au cœur du festival, de 22 h à 5 h, nous avons suivi les médiateurs de Freeform et d'Aurillac Écoute dans les rues et les lieu de spectacle.
Sur le même thèmeFestival d'AurillacArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par Marie Boudon Publié le 25 août 2026 à 18h30
Vendredi 21 août 2026, 22 h. Aurillac est en pleine fête. C’est là que la maraude et ses médiateurs Samuel, Alex et Ludovic de Freeform, se mettent en ordre de marche. Ils préparent leurs parcours derrière la maison des associations. Puis, ils se dispatchent. Chacun part de son côté pour quadriller les lieux de passage. À leurs côtés, les « petites grenouilles » d’Aurillac Écoute, les agents municipaux au t-shirt vert prairie.
Les sacs sont prêts : pharmacie, torche, numéros d’urgence, bouchons d’oreille, préservatifs. Le téléphone et les talkies-walkies aussi. La mission : aller vers les gens, écouter, prévenir, rassurer, orienter. Et intervenir quand une situation dérape. « Quand les jeunes ont un peu trop bu et qu’un copain est mal en point, ils nous appellent nous au lieu de la police », explique Alex. Être là, sans jugement, c’est précisément leur force.
Des appels toute la journée, des interventions toute la nuit
Aurillac Écoute reçoit depuis trois ans les appels des habitants, mais aussi des festivaliers. En début de semaine, il faut gérer les voitures qui bloquent une sortie d’immeuble, puis les missions évoluent : accompagnement, maraude et surtout sorties des collectifs.
Car faire sortir 3 000 personnes d’une fête, il faut savoir faire. Barrières, circulation, orientation… et toujours le téléphone qui sonne. Tout à l’heure, une personne atteinte d’Alzheimer a été signalée perdue. Tout le réseau se met en mouvement. Elle est finalement retrouvée dans les toilettes du collectif : elle y était simplement allée et son mari s’était affolé. Une personne égarée, un chien, un festivalier mal en point : la maraude peut courir dans toutes les directions.

22 h 30 : « Où sont les stands de nourriture ? »
Dans les rues, les sollicitations s’enchaînent. Où manger ? Où aller ? On parle français, anglais, espagnol, et même japonais.
Et puis il y a le fameux « roule ta paille ». Pas de regard gêné, pas de morale. Les médiateurs sont justement là pour que les festivaliers puissent poser leurs questions. Au bord de la Jordanne, Alex interpelle un homme et son chien : « Fais attention pour le chien, il y a des cyanobactéries dans l’eau en ce moment. » « OK mec, merci hein. » Et chacun repart.
Parfois, on demande du matériel de réduction des risques. Freeform oriente alors vers les stands de prévention, rue des Carmes, ou vers les collectifs. « Pas de jugement, pas de stigmatisation ». Freeform et Aurillac Écoute n’ont pas le même rôle. La mairie est davantage tournée vers les habitants et la tranquillité urbaine. Freeform, qui connaît les grands festivals, est plus aguerri aux conduites à risques et aux consommations.
Alex et Ludovic sont d’anciens teufeurs. « On a pour beaucoup fait le festival de l’intérieur, voire d’autres festivals, et on connaît bien les problématiques », expliquent-ils. Ce soir, les deux équipes partagent même le téléphone d’Aurillac Écoute. Deux expériences différentes, mais un même objectif : créer la confiance.
23 h : les toilettes, encore
À la Ponétie, nouvel appel : un W.-C est bloqué avec quelqu’un à l’intérieur. À Hélitas, l’histoire est déjà devenue une anecdote de maraude : après avoir dû intervenir sur une serrure cassée avec un pied-de-biche, les agents vérifient les toilettes… et enferment quelqu’un à leur tour.
« Ils ont pris leurs clés et ils ont testé les toilettes pour voir si les portes étaient bien fermées. Et en fait, en faisant ça, ils ont enfermé quelqu’un », racontent-ils, encore amusés. Dans une nuit de festival, même les W.-C peuvent devenir une urgence.
23 h 30 : le centre-ville est tranquille, direction les collectifs
Au Square, les médiateurs croisent la police municipale. Les informations circulent. Puis direction le Clandestino, après un signalement de bruit. Sur place : une seule enceinte dehors. « Normal pour un vendredi soir de festival », constate la maraude. Rue du Collège, un homme un peu éméché fait son affaire contre un mur. « Là, on va lui dire qu’on ne fait pas pipi partout », sourit Samuel. Place de l’Hôtel-de-Ville, RAS. Dans les rues piétonnes, les festivaliers plaisantent avec les médiateurs. Mais les yeux restent partout.
Plus il y a de monde, plus c’est potentiellement compliqué
À 23 h 30, direction les lieux de spectacle. Le Parc de la Fraternité concentre les foules. « Le centre-ville d’Aurillac n’est pas le plus problématique. C’est à l’extérieur, sur les collectifs. Plus il y a une concentration de gens, plus c’est potentiellement compliqué », explique Gilles, d’Aurillac Écoute.
Le téléphone de Sam sonne : problème signalé derrière Intermarché. La police part sur place. Finalement, rien de grave. Dans la foule, on ne voit pas toujours. Alors on écoute. Un bruit, un attroupement, une agitation inhabituelle. « On se dirige parfois à l’ouïe. »
Les « coins noirs » et les situations qui peuvent basculer
La maraude passe aussi dans les endroits plus sombres. « Pour éventuellement détecter une situation problématique, une femme et un gars relou à côté », explique Alex.

Observer, approcher, discuter. Désamorcer avant que la situation ne bascule. « Les festivaliers ne nous voient pas comme des flics, mais comme ceux qui les protègent. Alors oui, on vient plus facilement nous voir. »
Vendredi soir : les premiers départs
Au bord de la Jordanne comme sur les campings, les premiers départs se font sentir. « On leur a demandé si c’était la pluie qui les faisait partir. Non. En fait, chacun regagne sa vie. » Certains ont vu leur spectacle. D’autres travaillent. Le festival continue, mais Aurillac commence déjà à perdre quelques-uns de ses habitants temporaires.
Minuit : nous rentrons, la maraude continue
À minuit, nous quittons les médiateurs. Eux continueront jusqu’à 5 h. Les difficultés arrivent surtout à la sortie des collectifs : canaliser les flux, sécuriser les boulevards, éviter que plusieurs milliers de personnes ne se retrouvent au milieu des voitures. Au niveau du Prisme, boulevard de Lescudilliers, la circulation est coupée de 23 h à 6 h.
Et puis, à 5 h, Notre-Dame-aux-Neiges. Le petit-déjeuner gratuit attend les derniers festivaliers : lait, chocolat, thé, tartines, beurre et confiture. Le curé ouvre les portes. Les médiateurs orientent ceux qui traînent encore vers ce refuge matinal, le temps que la propreté urbaine reprenne ses droits.
Puis les équipes se retrouvent. Sam fera le point sur la nuit. Les informations remonteront aux élus et au staff du festival. De 22 h à 5 h, dans les rues, les collectifs, au bord de la Jordanne ou devant des toilettes bloquées, leur travail tient finalement en quelques mots : écouter, prévenir, rassurer… Et être là.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


2 hour_ago
25



























.jpg)






French (CA)