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Eleveurs ou céréaliers, la sécheresse 2026 commence à faire monter les inquiétudes des agriculteurs de la région de Vire Normandie.
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Par Matthieu Van Bellinghen Publié le 13 août 2026 à 5h46
Quatre millimètres de précipitations en juillet. C’est ce qu’ont relevé Loïc et Maria sur leur ferme à Burcy près de Vire Normandie (Calvados). Ils viennent tout juste de s’installer. « On savait qu’on allait rencontrer des difficultés en s’installant, on s’attendait à des aléas climatiques, mais pas si vite », explique Loïc Lepareur, agriculteur à Burcy.
Loïc Lepareur et Maria Daoulas se souviendront de juillet 2026. C’est le mois ou ils sont arrivés dans leur ferme des deux collines à Burcy. Loïc a 26 ans et Maria 27, ils sont associés en Gaec (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) dans cette exploitation mixte céréales / lait. Et s’ils se souviendront de leur installation, c’est aussi pour cette exceptionnelle sécheresse qui commence à les inquiéter.
Des changements, déjà
Ici on a relevé 4 mm de pluie pour le mois de juillet, on avait jamais vu ça, nulle part.
Maria envisage déjà de changer la répartition des cultures sur les 127 ha de la ferme. « Aujourd’hui on est à peu près à trois tiers, blé, mais, herbe. Là, on va augmenter les parcelles en herbe au détriment du maïs. » L’herbe, c’est ce qui pousse le plus vite. « Le maïs a besoin d’eau au moment de la floraison, c’est-à-dire autour du 15 juillet. » Autant dire que cette année, le maïs n’a pas eu son compte.
L’ensilage, la réserve de mais pour l’hiver, va être réduit de 20 à 35 % en quantité et en qualité.
Ils attendent la pluie : « dès qu’il va pleuvoir, on va pouvoir semer de l’herber. On avait pensé semer du trèfle pour couvrir le sol et lui permettre de reposer avant de semer à nouveau de l’herbe, mais on ne va pas pouvoir attendre, on a besoin du foin pour nourrir les animaux. »
Depuis le 10 juillet, on a commencé à donner le stock qui était prévu pour cet hiver.

Un défi pour les finances
Pour eux, la vraie difficulté, c’est le financement de cette dépense supplémentaire. « Comme on vient de s’installer, on n’a pas encore de trésorerie pour faire face à cet imprévu. » Heureusement, ils ont inclus dans leur emprunt pour l’installation une part en prévision des aléas climatiques.
Accès à l’eau, pour l’instant
Pour l’instant, ils ont encore accès à l’eau dans la nappe phréatique sous leurs terres. Leur forage donne de l’eau. « Mais une vache, quand elle a chaud, ça boit 170 litres. Et c’est 90 litres par jour en temps normal. » Ça aussi, c’est un paramètre à ne pas perdre de vue, avec la sécheresse, la consommation d’eau pourrait poser problème si la situation perdure trop longtemps.
Le problème est partout
À deux kilomètres de la ferme de Loïc et Maria, Olivier Auvray est nettement plus sombre. Dans son exploitation, il produit des porcs et des vaches à viande. Et pour lui c’est la chaleur qui pose le plus de problèmes : « avec la chaleur, les truies et les vaches ont moins de petits. » Il compte une baisse de 10 % de porcelets et 5 % de veaux. Une baisse de production qui aura des conséquences sur les prix de vente et les quantités disponibles cet automne.

On puise dans les stocks
Et puis, lui aussi, il a commencé à donner à ses animaux des réserves d’aliments qu’il stocke notamment pour l’hiver. « On nourrit les porcs à 75 % au maïs. » Évidemment, puiser dans le stock de cet hiver ne fait que retarder le problème. Avec quoi Olivier va-t-il pouvoir nourrir ses bêtes cet hiver ? « On achète déjà un complément pour leur alimentation. » Mais l’impact sur la trésorerie de l’exploitation est déjà important et Olivier craint les prochains mois : « aujourd’hui, ça fait peur ».
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