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Comme la saison des incendies au Yukon a été relativement calme cette année, le Service de lutte contre les feux de forêt des Premières Nations du territoire s’attendait à recevoir des appels de soutien pour combattre les brasiers dévastateurs en Colombie-Britannique et en Ontario.
Selon le directeur du service, Nick Mauro, les appels n’ont jamais eu lieu.
Nos équipes sont en attente et prêtes à intervenir, affirme-t-il. Cependant, on nous a informés que le gouvernement du Yukon n’a pas les moyens d’envoyer nos membres au Sud pour les aider.
Le dirigeant s’interroge sur la distribution des ressources de lutte contre les incendies à travers le pays, en particulier sur l’utilisation d’équipes internationales, alors que son propre personnel est cloué au sol. Il souligne que l’aide internationale est la bienvenue, mais qu’elle intervient alors que des ressources locales sont négligées.

Nick Mauro est le PDG du Service de lutte contre les feux de forêt des Premières Nations du Yukon. Il remet en question la manière dont les ressources sont réparties au Canada.
Photo : Fournie par Nick Mauro
Le système en place au Canada n’a pas été conçu pour gérer le transfert d’effectifs autochtones. Il a été créé pour simplifier le transfert de ressources entre les gouvernements et encourager la coopération entre eux.
À la fin de juillet, 48 % des pompiers forestiers du Yukon étaient déployés en Colombie-Britannique ou dans les Territoires du Nord-Ouest, tandis qu’environ 20 % de leur personnel de soutien étaient également affectés dans d’autres régions.
Une réalité partagée
De l’autre côté du pays, les pompiers de l’équipe Wabanaki Wildland Wildfire se questionnent également quant à leur manque de déploiements cette année.
La brigade est composée de pompiers des communautés autochtones de Neqotkuk, de Sitansisk et de Nataoganeg, situées au Nouveau-Brunswick.
Selon la cheffe d’équipe Madison Levi, 2025 a été une année occupée, notamment par des interventions en Alberta, mais ce n’est pas le cas cette année.

Madison Levi est cheffe de l'équipe Wabanaki Wildland Wildfire au Nouveau-Brunswick.
Photo : Fournie par Madison Levi
À mesure que l’été avance, beaucoup de nos membres expriment leur frustration de voir des équipes internationales combattre les feux ici.
Elle affirme avoir discuté avec plusieurs équipes de pompiers autochtones à travers le Canada, et que toutes se trouvent dans la même situation que celles du Yukon et du Nouveau-Brunswick.
Le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC) facilite les mouvements des équipes de pompiers à travers le pays.
Il devrait y avoir un agent de liaison avec les Autochtones, notamment lorsque ce sont les communautés des Premières Nations qui sont menacées de subir une grande partie des dommages, avance Madison Levi.

Selon Madison Levi, l’équipe Wabanaki Wildland Wildfire a été sollicitée à de nombreuses reprises en 2025, mais pas cette année.
Photo : Fournie par Madison Levi
La responsabilité des gouvernements
Au Yukon, le ministère des Services aux collectivités est chargé de la gestion des feux de forêt.
Selon un courriel de son porte-parole, Wayne Potoroka, ce sont les autorités régionales du pays qui décident du recours aux ressources canadiennes, aux ressources sous contrat ou à l’aide internationale.
Différents facteurs doivent être pris en compte dans cette coordination. Il faut par exemple que les ressources soient disponibles, les compétences requises, le moment opportun, la logistique et les exigences spécifiques liées à l’incendie en question, précise-t-il.
Dans un courriel, le CIFFC a clarifié son rôle, qui consiste à gérer les ressources entre les différentes régions. Il n’a pas pour mandat de décider du type de ressources déployées ni des embauches.
Selon Nick Mauro, ce système de coordination devrait être plus uniforme et inclusif envers les équipes de pompiers autochtones.
Nous devrions établir un système qui ne met pas les gens de côté simplement parce qu’ils ne travaillent pas pour un gouvernement, estime-t-il.
C’est frustrant de voir des équipes internationales alors que nos ressources restent inutilisées.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Chris MacIntyre


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