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Voilà 51 ans que la maison, les étables et les cuisines de Novica Osmajić, l'ancien fermier de la ville, étaient sous l'eau. La bourgade de Plužine, sur la rive gauche de la rivière Vrbnica, au nord-ouest du Monténégro, se trouvait au fond du lac Piva depuis 1975. Mais après un été particulièrement sec, les bâtisses sont de nouveau à l'air libre. Le média Ecoticias estime que le niveau actuel du lac se situe actuellement à 645 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est environ 30 mètres en dessous de la surface habituelle.
Un écart qui fait émerger d'anciens bâtiments sur la côte. La télévision publique RTCG s'est rendue sur place début septembre. «Ça, c'était la maison de Novica Osmajić, là ses cuisines et le reste des bâtiments engloutis, décrit leur guide Mirko Vuković, un historien qui veille sur les archives de Plužine. En contrebas, une belle étendue plate comme un bosquet où se trouvaient ses arbres fruitiers, les terres labourées et le champ. La rivière coulait à proximité et regorgeait de poissons.»
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Ce lac artificiel fait office de réservoir pour le barrage de Mratinje, arche en béton de 220 mètres qui surplombe le fleuve Piva. L'eau alimente une centrale électrique exploitée par la compagnie d'électricité nationale. Lorsque le réservoir s'est rempli il y a 51 ans, plus de 80 maisons ont été submergées. Des centaines d'habitants de Plužine ont dû déménager. Le monastère de Piva, construit au XVIᵉ siècle, a été démonté et déplacé pierre par pierre. Un travail de longue haleine réalisé entre 1969 et 1982.
Réservoir plein en automne et au printemps
La centrale hydroélectrique de Piva est une centrale de pointe, principalement active pour pallier la forte demande en électricité durant les heures de pointe. «Le réservoir est toujours plein en automne et au printemps, assure Mirko Vuković. Il y a eu des années où le niveau du lac était plus bas, mais la durée de la sécheresse et les températures si élevées sont vraiment exceptionnelles.»
L'historien local a lui-même perdu sa maison. «J'en rêve presque chaque nuit», dit-il. S'il a fait le deuil de son ancienne propriété, c'est surtout sa communauté qui lui manque: «Ces eaux ont dispersé les gens qui dépendaient les uns des autres au quotidien, que ce soit à la pêche au bord de la rivière, au travail, à la fauche du foin, au transport de chargements de grain vers les moulins ou aux marchés.»
Lorsque le niveau de l'eau baisse, un village, des maisons, des tombes et des églises refont surface, avec les nombreuses histoires qu'elles renferment. «Quand le niveau du lac diminue, on peut voir ce qu'il reste de l'ancienne vie et des villages, abonde Mirko Vuković. Je ne sais pas si les souvenirs disparaîtront avec nous.»
Le lac Piva n'est pas le seul à s'assécher. Dans les autres pays des Balkans, le niveau du Danube a baissé, faisant émerger d'anciennes épaves nazies. En Angleterre, un village fantôme a refait surface cet été. Et le phénomène ne se limite pas au Vieux Continent: dans le Nevada (États-Unis), le lac Mead a battu son record d'assèchement, faisant ressortir l'ancienne ville engloutie de Saint-Thomas. Le réchauffement climatique pourrait ainsi offrir de nouveaux indices archéologiques.





























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