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Au Festival de Cannes, cette question sur Donald Trump n’a vraiment pas fait rire Sebastian Stan

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Avant « Fjord » de Cristian Mungiu, l’acteur avait incarné le président américain dans « The Apprentice ». Il a dénoncé le recul de la liberté d’expression aux États-Unis.

Le personnage le suit comme son ombre. Sebastian Stan, qui a incarné Donald Trump à l’écran dans The Apprentice en 2024, a, sans surprise, été interrogé sur le président des États-Unis au Festival de Cannes 2026. L’acteur roumano-américain joue dans le film en compétition Fjord de Cristian Mungiu, aux côtés de Renate Reinsve.

Lors de la conférence de presse ce mardi 19 mai, il a d’abord confirmé que ce nouveau rôle était bien différent de celui dans The Apprentice, dont il ne s’était « pas encore purgé ». Plus tard lors de la rencontre avec la presse, Sebastian Stan a été questionné sur la situation politique actuelle aux États-Unis.

« La dernière fois que vous êtes venu ici, c’était pour The Apprentice, et c’était plusieurs mois avant les élections. Trump est président depuis plus d’un an maintenant. Comment votre perception de lui a évolué depuis ? », lui a demandé une journaliste américaine. L’acteur a immédiatement soupiré et la salle s’est mise à rire nerveusement.

Mais la question, ou plutôt la réalité qu’elle évoque, n’a pas fait rire Sebastian Stan : « Ça n’a rien d’amusant, pour être honnête. Vraiment pas », a répondu l’acteur, très sérieux. « Je pense que nous vivons une situation vraiment, vraiment grave. Je le pense sincèrement », a-t-il dit à propos des États-Unis, où il a immigré à l’âge de 12 ans.

Le mauvais présage de The Apprentice

Sebastian Stan a souligné que ce qu’il se passe actuellement dans le pays — le déclin de la liberté d’expression — avait déjà commencé il y a deux ans. Après avoir été présenté au Festival de Cannes 2024, The Apprentice avait eu beaucoup de mal à trouver un distributeur américain, les studios étant frileux à l’idée de promouvoir un film forcément politique, en pleine campagne présidentielle.

Les équipes de Donald Trump avaient même tenté d’empêcher sa sortie avec une lettre de mise en demeure. « Ce “film” n’est qu’une diffamation pure et simple ; il ne devrait jamais voir le jour », avait écrit Steven Cheung, directeur de la communication de la campagne de Trump, désormais directeur de la communication de la Maison Blanche.

Le film d’Ali Abbasi, qui dresse le portrait d’un jeune Donald Trump en pleine ascension vers le pouvoir grâce à l’immobilier, était finalement sorti le 11 octobre aux États-Unis. Il n’avait pas rencontré grand succès au box-office, faute d’avoir bénéficié d’une vraie campagne promotionnelle.

Sebastian Stan contre la censure

« Les signes avant-coureurs étaient là », a commenté Sebastian Stan à Cannes ce mardi 19 mai, « qu’il s’agisse de la concentration des médias, de la censure, des menaces, ou des soi-disant poursuites judiciaires qui semblent ne jamais prendre fin mais ne mènent en réalité nulle part ».

L’acteur a rappelé qu’ils avaient été confrontés à toutes ces pressions avec le film, au point de ne pas savoir s’il serait bien projeté, trois jours avant Cannes. Le distributeur français Metropolitan FilmExport avait passé presque tout le festival à régler des questions juridiques, comme le rapportait une source à Variety en 2024.

The Apprentice était finalement ressorti dans les cinémas américains fin janvier 2025 après avoir reçu plusieurs nominations aux Oscars, juste après l’investiture de Donald Trump. Plus d’un an après le début de son second mandat, le film offre des clés de compréhension pertinentes sur l’entrepreneur devenu président.

Cinéma, télévision, même combat

« Peut-être que maintenant, les gens s’intéressent davantage à ce film. Je pense qu’il résistera à l’épreuve du temps pour cette raison », estime Sebastian Stan, tout en rappelant : « Mais on a traversé tout ça juste avant Jimmy Kimmel, Stephen Colbert et les autres ». Après son élection, le président américain Trump n’a en effet pas tardé à censurer le petit écran.

L’émission culte The Late Show de Stephen Colbert a été annulée par CBS, suite à un accord financier entre la chaîne et Donald Trump. Un autre animateur, Jimmy Kimmel, est désormais la cible du président, qui a demandé son renvoi suite à une blague sur Melania Trump.

Par tous les moyens possibles, Donald Trump tente de contrôler et censurer la liberté d’expression, même humoristique ou artistique. Le nouveau film avec Sebastian Stan ne devrait pas non plus lui plaire : Fjord dénonce la polarisation extrême de la société et les préjugés qui creusent le clivage entre valeurs traditionnelles et pensée progressiste.

« C’est dangereux d’être différent. C’est pour ça que je continue à le faire, pour normaliser les différences », a conclu l’acteur à Cannes. Preuve que le cinéma est toujours politique.

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