A l’origine, seules certaines superpuissances avaient accès à l’espace mais désormais, celui-ci est ouvert à de nombreux acteurs privés. Aujourd’hui, des constellations de satellites fournissent Internet dans le monde entier. Toutefois, la tendance ne devrait pas s’inverser avec le développement frénétique de l’intelligence artificielle, bien au contraire.
Des premiers satellites aux actuelles constellations
Dès la fin des années 1950 au cœur de la Guerre Froide, la Russie, les Etats-Unis entament une véritable course à l’espace avec l’envoi des premiers satellites. Rapidement, d’autres pays comme le Canada, le Royaume-Uni, l’Italie et la France en font de même et à partir des années 1970, la liste de ces pays s’allonge. Depuis le début, il est principalement question de satellites de défense et d’observation, comme le montre une infographie publiée par le Courrier International le 26 juillet 2026.
Aujourd’hui, le constat est le suivant : l’immense majorité des satellites concernent la communication par satellite. A l’origine, cette dernière – essentiellement pour la téléphonie et la télévision – reposait sur d’énormes satellites postés en orbite géosynchrone à 35 786 kilomètres d’altitude. Ceux-ci tournaient à la même vitesse que la Terre et étaient en lien avec une antenne présente au sol. Cependant, si la distance permet de couvrir de larges zones, il est question d’une latence de quelques secondes inacceptable pour l’Internet d’aujourd’hui.
Depuis 2020, un nombre croissant de satellites de petite taille se trouvent en orbite basse à environ 500 kilomètres d’altitude. Si l’expérience d’Internet est grandement meilleure – comparable à celle offerte par le câble – les satellites tournent très rapidement autour de notre planète et donc, communiquent avec les antennes seulement quelques minutes. C’est pour cette raison que ces engins sont organisés en constellations, afin de former un maillage assurant le maintien perpétuel de la connexion.
Accédez à l'infographie en meilleure résolution en cliquant ICI.Crédit : Courrier InternationalDes déploiements de plus en plus problématiques
Aujourd’hui, le projet Starlink de SpaceX est quasiment en situation de monopole, avec 12 000 petits satellites (8 651 opérationnels). S’il existe d’autres acteurs, du projet européen OneWeb (Eutelsat) fait figure de poids plume avec ses 640 engins. Par ailleurs, SpaceX ne compte pas s’arrêter là puisque le projet inclut le lancement de 34 000 autres satellites dans les années à venir. De plus, Elon Musk déploie également son projet Starshield, une autre constellation de satellites militaires hautement sécurisée pour le compte du gouvernement étasunien et de ses alliés.
Sans surprise, certains observateurs voient d’un très mauvais œil cette « colonisation de l’espace » par Elon Musk. La principale crainte est relative au syndrome de Kessler, un scénario catastrophe théorisé en 1978 par le scientifique de la NASA Donald J. Kessler. L’idée implique une saturation de l’orbite terrestre par des milliers de satellites et des vieux débris, dont les chocs mutuels pourraient générer de nombreux fragments et donc, causer une réaction en chaine inarrêtable. Selon les partisans de cette théorie, cette cascade de collisions pourrait paralyser de nombreuses infrastructures critiques, notamment les services d’urgence, le GPS ou encore, les prévisions météorologiques.
Malheureusement, la tendance ne devrait pas s’inverser et ce, bien au contraire. Désormais, le monde fait face à un développement exponentiel de l’intelligence artificielle. Or, les centres de données dédiés à cette technologie consomment énormément d’électricité et d’eau, en plus de constituer une emprise au sol importante. Ainsi, certains acteurs commencent à élaborer de vastes plans dans le but de délocaliser dans l’espace cette énorme puissance de calcul. Parmi ces acteurs, nous retrouvons l’inévitable Elon Musk – par le biais de Space X et xAI – ayant récemment affirmé vouloir envoyer dans l’espace pas moins d’un million de satellites contenant des centres de données.


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