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Au débat de la primaire PS, les candidats ont eu bien du mal à ne pas retomber dans leurs travers

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À dix jours du premier tour, aucun des candidats à la primaire n’a réussi à tirer son épingle du jeu lors de ce second débat qui a surtout (re)confirmé leurs désaccords.

Au débat de la primaire PS, les candidats ont eu bien du mal à ne pas retomber dans leurs travers

JULIEN DE ROSA / AFP

Au débat de la primaire PS, les candidats ont eu bien du mal à ne pas retomber dans leurs travers

Et dire qu’Emmanuel Maurel avait regretté, à l’issue du premier débat, d’avoir fini les échanges sur la France insoumise. Le deuxième débat de la primaire socialiste organisée ce 1er octobre a vu les candidats s’affronter à nouveau sur cette question de l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon, ainsi que sur la question palestinienne. Au risque d’éclipser d’autres échanges nouveaux et plus constructifs sur le mouvement lycéen et les salaires.

Tout avait pourtant bien commencé. À l’issue d’une journée marquée par des mobilisations dans les lycées et universités, les revendications lycéennes ont été abordées d’emblée par les candidats, dès l’introduction pour Ségolène Royal et Olivier Faure. Chose rare, alors qu’ils étaient interrogés sur les violences et les accusations que le gouvernement fait peser sur la France insoumise, l’ensemble des candidats a refusé de « tomber dans le piège. »

Tous ont condamné les violences commises en marge des blocus mais ont aussi déploré les violences commises par certains policiers. Et s’ils ne partagent pas le même avis sur la poursuite de la mobilisation - inutile et dangereuse pour Ségolène Royal, productive pour Emmanuel Maurel qui a cité le rétropédalage sur les frais d’inscription -, c’est d’une même voix qu’ils ont appelé à ne pas oublier les revendications des plus jeunes. « Le sujet c’est l’école (...) Franchement, la France insoumise n’est pas notre sujet ce soir », a même déclaré Raphaël Glucksmann pourtant toujours prompt à critiquer le chef de file insoumis et ses troupes.

Glucksmann seul contre tous sur les salaires

La même unanimité s’est manifestée lorsqu’il a fallu réagir aux révélations de Mediapart sur les propos antisémites tenus par Jordan Bardella. Mais elle s’est fracturée dès que le volet salaire et pouvoir d’achat a été abordé, et ce, au détriment de Raphaël Glucksmann. Après un échange piquant sur l’élargissement du chèque énergie voulu par l’eurodéputé et rejetée par une Ségolène Royal toujours prête à faire valoir son expérience - « J’ai été ministre de l’Énergie, ça ne marche pas » - le candidat de Place Publique s’est retrouvé seul à défendre une baisse de la CSG comme mesure d’augmentation des salaires. « Cela aura un impact immédiat sur la fiche de paie des travailleurs », a-t-il assuré prenant l’exemple d’une hausse de « 105 euros par mois » sur le salaire d’une auxiliaire de vie à 2000 euros.

Raphaël Glucksmann entend financer cette mesure par une taxation des méga héritages. Mais la proposition a fait l’unanimité contre elle. « Usine à gaz » pour Emmanuel Maurel, « affaiblissement de la Sécurité sociale » pour Ségolène Royal… C’est surtout avec Olivier Faure que le ton est monté, lorsque le numéro 1 du PS a accusé son ancienne tête de liste aux européennes de promouvoir une mesure de « libéraux » à l’efficacité très limitée dans le temps. « Ma mesure est tellement bonne que tu as voté pour dans la proposition du budget » du groupe socialiste à l’Assemble, a répliqué l’eurodéputé. La discussion a donné lieu à une mini-riposte des députés fauristes sur les réseaux sociaux, illustration des difficultés d’un groupe traversé par des courants que plus grand-chose ne rapproche.

Génocide et encombrants pachydermes

Car la suite des échanges sur l’international a tourné au débat de sourds. Comme lors du premier débat, les candidats ont été interrogés sur la position à tenir face à Vladimir Poutine, sans apporter de nouveautés dans leur discours. Mais surtout la question du conflit à Gaza qui a donné l’impression d’une faille spatiotemporelle.

Le sujet a été mis sur la table par Olivier Faure, visiblement décidé à poursuivre la discussion entamée une semaine plus tôt sur un autre plateau. Pour preuve : le député de Seine-et-Marne est venu muni d’un extrait de la convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide, qu’il avait évoqué lors du premier débat. Et il a de nouveau tenté de convaincre Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann de qualifier de « génocide » les atrocités commises par Israël sur le territoire palestinien. Sans succès. « L’utilisation de ce mot génocide participe, au regard de l’histoire qu’on a connu nous en Europe, à la nazification de l’État d’Israël et rend moralement acceptable pour certain le principe de sa disparition », a répliqué Jérôme Guedj, quand Raphaël Glucksmann a jugé « ce que tu (Olivier Faure, ndlr) fais est largement obscène. »

Sans surprise, chacun est resté sur ses positions. Et ce n’est pas l’ultime question consacrée à l’alliance avec la France insoumise qui a permis de les réconcilier. Plus affûté, Raphaël Glucksmann a cette fois détaillé trois arguments (« moral (...) doctrinal (...) et idéologique ») qui empêchent selon lui tout accord, sur la même ligne que Jérôme Guedj. Sans s’encombrer de Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal a préféré parler de la « dynamique » à construire dans son camp pour atteindre le 2nd tour et l’emporter, quand Emmanuel Maurel a fait part de « son chagrin » face à ce débat récurrent. Seul moment de légèreté dans la séquence ? Lorsqu’Olivier Faure a qualifié la France insoumise « d’éléphant dans la pièce » et qu’Emmanuel Maurel a ironisé sur ces pachydermes, qui ont inspiré le surnom des cadres socialistes, et ont fait « beaucoup de mal » au parti. « J’en sais quelque chose », a glissé Ségolène Royal, provoquant l’hilarité sur le plateau. Hollande ou Mélenchon, les travers ne sont jamais loin.

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