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Santé Canada veut établir des objectifs de la qualité de l’air fondés sur la santé pour l’arsenic. L’Observatoire national sur les incidences des émissions de contaminants sur la santé et l’environnement (ONICSE), basé à l’UQAT, a fait ses recommandations.
L’objectif pour l’arsenic se situe entre 1 et 10 nanogrammes par mètre cube, mais le directeur de l’Observatoire, Daniel Proulx, précise que toute exposition à l’arsenic a des impacts.
C’est ce qu’on appelle un cancérigène sans seuil. Ça veut dire que toute dose est susceptible d’avoir un effet sur la santé. Santé Canada a revu la littérature et propose des objectifs pour la qualité de l’air pour l’arsenic inhalé. Et je vais revenir sur une notion de santé publique qui est importante, qui est la notion le plus bas possible, étant donné qu’on est face à un cancérigène sans seuil. Santé Canada propose des concentrations qu’on devrait viser pour la santé, explique-t-il.
Daniel Proulx précise que, dans ce contexte, la norme québécoise du 3 nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air demeure tout à fait justifiée.
Il faut savoir qu’il y a toujours à peu près 1 à 2 nanogrammes par mètre cube d’arsenic dans l’air. C’est ce qu’on appelle le bruit de fond, c’est naturel, c’est lié à l’érosion éolienne, puis au passé de nos activités. Que ce soit à Montréal ou dans le Bouclier canadien, on est dans l’ordre de 1 à 2 nanogrammes par mètre cube. C’est donc dire que notre norme de 3 nanogrammes, qui permet 1 nanogramme de plus par rapport au bruit de fond, tient la route, affirme-t-il.

Investir dans la recherche
Daniel Proulx rappelle aussi que Rouyn-Noranda est la communauté au Canada dans laquelle il y a le plus d’arsenic dans l’air, soit environ les deux tiers de toutes les émissions au pays. Mais peu d’études et de recherches sont faites sur les impacts sur la population environnante.
Il croit que, si la Fonderie Horne est considérée comme un actif stratégique pour le Canada et qu’on s’apprête à y investir des sommes importantes, il faudrait aussi saisir l’occasion pour investir dans la recherche et la prévention, l’atténuation des conséquences.
Le chiffre qui est sorti dans un article de Radio-Canada, c’est que la fonderie pourrait demander jusqu’à 700 millions de dollars d’aide au gouvernement dans un fonds stratégique. Pour nous, c’est important de dire qu’il y a au moins 12 % de cette somme-là qui devraient être investis dans l’étude des impacts, donc dans la recherche scientifique, avance M. Proulx.


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