Un coup d’éclat littéraire: Antoine Volodine l’avait annoncé, le 49e ouvrage de sa plume serait le dernier «car il faut savoir terminer». Or, la masse des textes produits en une vingtaine d’années était telle qu’il a fallu les répartir entre 11 volumes. Il s’est trouvé 11 hardis éditeurs pour les héberger. Une performance littéraire qui vient couronner l’œuvre la plus singulière dans la littérature française d’après-guerre. L’auteur, visiblement éprouvé mais heureux, est venu lui-même présenter sa démarche, au mois de mai dernier, au Centre national du livre, à Paris, devant un public de libraires et de journalistes. Si beaucoup d’entre eux étaient acquis depuis longtemps, les plus jeunes découvraient un territoire insoupçonné.
L’écriture de Volodine n’est pas difficile d’accès mais son univers est d’une telle étrangeté qu’il intimide ou rebute: on ne sait où le classer. Son œuvre est largement étudiée, il existe des thèses, des mémoires, des exégèses; chaque sortie est largement saluée par la presse, mais depuis quarante ans, l’œuvre reste peu connue. Même le Prix Médicis, attribué en 2014 à Terminus radieux, ce chef-d’œuvre, n’a pas suffi à la sortir de la confidentialité. Peut-être l’effet de surprise de ces 11 parutions simultanées éveillera-t-il la curiosité et que celle-ci se transformera en addiction. L’œuvre est terminée mais elle n’est pas morte et elle dit beaucoup sur notre époque.


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